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Trahis par nos paroles

Publié le jeudi 24 octobre 2013

« A vous maintenant qui dites : Aujourd'hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous y ferons des affaires et nous réaliserons un gain ! »
(Jacques 4 : 13)

« Ce qui sort de la bouche provient du cœur » a déclaré Jésus. (Mt 15 : 18)

Après avoir parlé de manière spontanée, on peut facilement nuancer le propos en ajoutant « c’est seulement pour dire » ou encore « je ne le pense pas profondément ». En attendant, la chose est dite, et les paroles dévoilent ce qui se cache dans le cœur. « Tel qui parle à la légère parle comme une épée » nous apprend le livre des Proverbes.

Les projets ainsi formulés révèlent l’état du cœur de ceux qui débordent d’assurance en eux-mêmes du fait qu’ils ont des biens et dont les projets visent à en acquérir encore davantage. Car, acquérir ainsi donne un semblant de sécurité. Bien qu’étant sans descendance, certaines personnes ont malgré tout amassé toute leur vie des sommes considérables en veillant jalousement sur leurs biens. Ils ont surtout travaillé pour l’Etat car au jour de leur mort, 60 % de leur fortune est partie au trésor public. Mais savoir cela suffit-il pour décourager l’avarice ?

Nous sommes facilement d’accord avec la Parole et accueillons toute vérité avec délice, pensant être du bon côté de la barrière et ne voyant pas ce qui nous concerne. Je peux penser être du bon côté car je prêche ces vérités, tout en continuant pourtant à agir à l’inverse. Ainsi, en étant instruits sur ce qui est bien, notre responsabilité s’accroît et ce, d’autant plus que nous continuons à penser et à parler comme avant !

Le désir de posséder motive tous les hommes qui marchent selon leurs désirs. C’est l’appât du gain, la soif de connaissance, de gloire, de réputation… Un pasteur peut aussi se rassurer en accumulant de bonnes statistiques ou en énumérant son travail concret de la semaine…

Lorsqu’il est dit « Que ta main droite ne sache pas ce que fait ta main gauche », ce n’est pas l’invitation à la discrétion par rapport aux autres afin qu’ils ne s’aperçoivent pas de notre générosité, mais bien par rapport à nous-mêmes. Une part de nous-mêmes doit ignorer ce que l’autre fait. Nous ne pouvons faire reposer notre assurance sur ce qui est acquis ou donné par l’autre main. Or au lieu d’être oublieux de nos actions, nous cherchons le plus souvent à les faire valoir au maximum. Ces raisonnements motivés par la chair n’hériteront que la corruption et nous mesurons bien mal la chose.

Nous ne pouvons continuer à marcher religieusement avec des motivations humaines car dans ce cas, dire « Dieu le veut » n’est qu’une formule pieuse. Certains signent en bas de leur courrier DV (Dieu voulant)… Nous ne sommes pas loin de la formule des musulmans qui disent à tout va : inch ‘allah, c’est à dire une sorte de formule magique validant toute décision et nous dédouanant en même temps de notre responsabilité devant Dieu. Une fois la formule déclamée, nous pouvons retourner à nos affaires. On s’est servi du nom de Dieu comme un mauvais élève imite la signature de son père pour signer un mauvais bulletin de notes.

Le reproche fait par Jacques est celui de parler comme des présomptueux. Nous n’aimons pas être pris au mot, repris sur nos paroles mais il nous faut comprendre le danger que nous courons : celui qui sème pour la chair moissonnera de la chair la corruption ! Nous ne pouvons jouer sur tous les tableaux car nul ne peut servir 2 maîtres. En gardant les yeux rivés sur le monde avec envie voire complexe, nous finissons par l’imiter complètement et la chair reprend ses droits.

Depuis quelques temps, nous commençons à faire le calcul de la retraite pour les missionnaires de la première heure. Bien que le sachant plus ou moins, nous prenons maintenant conscience de ce que cela représente : bien moins que le SMIC, autant dire impossible de vivre avec une telle somme aujourd’hui. Il faudra vivre la vieillesse avec la même foi qu’au début. Mais nous l’avons choisi car nous avons répondu à une vocation avec, en vue, autre chose que ce que les hommes poursuivent. Il s’agit de l’accepter avec joie en faisant confiance au Seigneur pour l’avenir. D’aucuns auraient pu dire aux débuts de la mission - et aujourd’hui à postériori- : « vous n’avez pensé à rien, vous n’êtes pas très prévoyants ! » Certainement l’inconscience de la jeunesse devait aider quelque peu, mais il faut espérer qu’il y avait autre chose, c’est maintenant que cela va se voir ! C’est au moment de la perte que nous nous apercevons que les autres ont visiblement mieux réfléchi que nous et peuvent se rassurer par la perspective d’une retraite tranquille…

Ainsi, parfois l’envie envers ceux qui ont été plus prévoyants se fait sentir, ils ont été plus raisonnables, « plus normaux » pour la vie terrestre. C’est un sentiment que tout chrétien doit vivre, heurté sans cesse par la pensée humaine qui est une pensée logique raisonnable avec des motivations dites saines ! Aller dans le monde sans vouloir gagner ou réussir, c’est s’exposer dangereusement. Nous sommes des brebis bien naïves au milieu des loups! Nous n’avons pas notre place dans le monde faute de vraie motivation principale source d’énergie.

Voilà sur quel chemin le Seigneur Jésus nous engage : il nous prive de toute motivation humaine pour combattre dans la vie et devenir quelqu’un. Si nous agissons poussés par la même énergie qui anime le monde, nous nous retrouverons bien désemparés devant un résultat négatif.

Pour se prémunir contre cela, les chrétiens portent un regard sur les « gens du monde », les estimant comme « des pauvres qui ne savent pas »... Ils sont forcément toujours malheureux avec une fin de vie très humiliante. Bien que d’origine protestante, André Gide a été un abominable imposteur et blasphémateur, prônant la pédophilie et la pratiquant. Nous pourrions penser que la fin d’un tel homme ne peut être qu’horrible. Eh bien, il est mort paisiblement, pieusement pourrait-on dire, mais sans foi. Etrange…

A l’inverse, des missionnaires ayant consacré leur vie finissent parfois dans un grand dépouillement. Ces exemples nous apprennent que ce n’est pas pour la vie et une fin glorieuse que nous servons le Seigneur mais pour le jour où, par l’esprit, nous entrerons dans la vie éternelle. C’est pour autre chose ! Encore faut-il ne pas rester au seuil du sanctuaire, et c’est ce que nous vivons si souvent, dès lors que nous portons envie aux insensés, comme le dit bien Asaph.

Oui, la tentation d’envier ceux qui s’en sont mieux sortis que nous est bien présente dans nos familles, chez nos enfants ou dans notre début de vieillesse. Nous savons que nous risquons d’être dénoncés par nos paroles, alors nous veillons à ce que nous disons devant les autres, mais nos cœurs sont imprégnés par ces envies ou complexes. Prendrions-nous le risque de parler comme les infidèles et dire l’inverse de ce que la Bible enseigne ? Asaph a connu cette tentation tout en ayant cette conscience :« si je parlais comme eux, je trahirais le nom des enfants de Dieu ».

La trahison prend naissance bien avant les actes ou les paroles : elle est déjà dans la pensée : ce que je conçois dans mon cœur, ce que je murmure dans ma solitude. En demeurant dans cette attitude ambiguë, une circonstance inspirée par le diable viendra nous ébranler et nous faire basculer du mauvais côté, car nous avons chéri secrètement des pensées de trahison. Ceux qui tombent dans l’adultère sont restés longtemps dans une situation de convoitise, de regard et de demi-mesure. Le hasard des choses,« La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et quelque diable aussi les poussant… » (Jean de la Fontaine, « Les animaux malades de la peste ») et la chute arrive. Nous ne pouvons rester des « border-line » de la foi. L’orientation de nos désirs peut être déjà une trahison du beau nom que nous portons et que nous chantons.

« Si vous vivez selon la chair vous allez mourir » (Romains 8 : 13). L’évangile n’est pas une offre d’épanouissement personnel ou la promesse d’un bonheur semblable à ce que le monde fait miroiter par ses sirènes mensongères. C’est bien dans l’enseignement que nous recevons, le discours que nous écoutons, que se trouve le danger. Nous admettons des pensées dans nos cœurs jusqu’au jour où les choix de nos vies deviennent incompatibles avec la vie chrétienne, mais le mal vient d’avant. Nous avons peu à peu organisé notre vie selon des pensées charnelles sans aucun souci de l’éternité ! Il faut dire que même dans le monde religieux, on ne parle guère d’espérance céleste. Et c’est pourtant bien dans cette direction que doivent se porter nos regards et nos pensées.

Nous pouvons tout perdre sur la terre, ne pas récolter ce que nous avons semé, mais nous avons travaillé pour le ciel où nous attend notre récompense. Quand tout est perdu, reste l’éternité, la gloire de Dieu, j’ai été témoin de son amour et je ne peux regretter l’amour. Imaginons un mari qui aime sa femme et qui décide de lui offrir un bijou. Il apprend le lendemain qu’elle va mourir. Regrettera-t-il d’avoir offert le bijou ? Non, parce qu’il l’aime ! L’instant où il le lui donne est pour elle ! Ce qui semble si logique pour un mari qui aime sa femme paraît bien moins logique vis à vis de Dieu que nous prétendons pourtant aimer.

Laissons-nous éprouver par nos propres paroles pour savoir quel est notre maître. Qu’est-ce qui vient sur nos lèvres spontanément ? Nos paroles et nos inquiétudes, ce que nous voulons pour nos enfants, témoignent de ce que nous sommes. Ce qui a gagné nos cœurs et nos pensées est bien souvent un autre maître que celui que nous prétendons servir. Le ciel n’inspire pas nos pensées et nos choix.

« Je suis tellement pris par ma profession et mes projets que je n’ai plus de place pour… comment veux-tu que … ? » Posons-nous alors la question : « qu’est-ce qui a inspiré nos choix et pourquoi sommes-nous entrés dans un tel combat qui nous accapare complètement ? » Nous pourrions dire qu’il est facile de réfléchir ainsi quand on est à plein temps dans l’œuvre de Dieu et que l’on ne connaît rien à la vie… Si la Parole ne le disait pas, nous n’oserions certainement pas le dire, mais c’est Jésus lui même qui l’a dit : « nul ne peut servir deux maîtres »… car il finira toujours par haïr celui qui a pris la deuxième place. Quel est celui qui dirige nos pensées, nos actions et qui préside à nos paroles ?

La question concerne le trésor du cœur, les principes qui nous animent. Le ciel ou la terre, l’Esprit ou la chair ? La chair et le sang n’hériteront pas le royaume mais « un jour dans ta maison vaut mieux que mille ailleurs ». Laissons-nous conduire au sanctuaire par le chemin du Christ qui n’est pas un raisonnement, un effort de la chair, pour observer la loi. Ne restons pas au seuil du sanctuaire où la chair crie violemment, mais acceptons la croix pour franchir l’espace. Qui m’affranchira de la pensée du monde ? Il nous est impossible de saisir les choses spirituelles, mais le Seigneur a franchi l’espace. Etant en lui par la foi, je suis crucifié pour pouvoir entrer dans le sanctuaire et être libéré de la puissance de la chair. Au sanctuaire est la demeure de l’esprit pour l’éternité. C’est là que je suis renouvelé de jour en jour dans mes pensées et à chaque étape de mon existence.

Même quand l’homme n’est plus rien, il lui reste l’espérance. Tout homme est comme l’herbe, elle sèche quand le vent de l’Eternel souffle dessus. Que reste-t-il ? L’espérance vivante et glorieuse, louange, extase, joie pour l’éternité. Voilà pourquoi nous devons travailler afin d’hériter de l’Esprit cette joie, c’est notre vocation céleste et c’est le Saint Esprit qui l’accomplit dans nos cœurs par la foi. Acceptons d’être transportés par Christ dans ce lieu dès aujourd’hui, afin de ne plus penser selon les inspirations de la chair mais selon ce que Dieu pense et que nos pensées même soient un culte qu’il agrée.

Que le Seigneur nous pardonne de trahir son nom par nos paroles et nos pensées, que son Esprit visite son Eglise afin que nous discernions les réalités de son temple et de son culte.

Daniel & Jérémie

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