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Qu'est-ce que la piété ?

Publié le jeudi 12 avril 2012

Beaucoup de nos prédications prennent soin de dénoncer la fausse piété et de débusquer l’esprit religieux à juste titre. Lorsqu’il s’agit d’expliquer la vraie piété, les prédicateurs s’accordent à dire que la tâche parait bien plus difficile. Ce thème nous a été proposé lors d’un récent voyage et ce fut l’occasion de méditer les passages bibliques qui traitent du sujet.

Le langage religieux étant plus que jamais piégé, les mots prennent des sens divers et il devient dangereux de les utiliser sans les définir. A la piété on préfère aujourd’hui le mot « spiritualité », que l’on brandit comme une sorte de paravent pudique un peu « fourre-tout » dès qu’il s’agit de parler de sa vie intérieure. Cette notion vague intègre une grande pluralité de doctrines et d’expériences, mais pourrait-on la confondre avec ce que la Parole appelle la piété ?

La piété est l’expression d’une juste relation avec Dieu. L’homme est le seul être de la création destiné à être en communion avec Dieu, communion brisée par la chute et l’irruption du mal. Cette connaissance nous est rendue par la révélation de Jésus-Christ, qui rétablit l’homme pécheur et déchu dans la communion avec le Père. L’homme étant incapable de retrouver la communion par ses propres moyens et de s’y maintenir, Dieu a pris lui-même l’initiative, prouvant par là son amour. Comment pourrions nous négliger un si grand Salut ? « C'est pourquoi nous devons prêter une plus vive attention à ce que nous avons entendu, de peur d'aller à la dérive. Car si la parole prononcée par des anges a eu son effet, et si toute transgression et toute désobéissance a reçu une juste rétribution, comment échapperons-nous, si nous négligeons un si grand salut ? » (Héb. 2 : 3)

Dénoncer la fausse piété ne dispense pas de rechercher la vraie piété, on ne peut jeter le bébé avec l’eau du bain… Un grand salut nous a été accordé, nous sommes responsables de ne pas le négliger. Plus une chose a de la valeur et plus on en prend soin. Il est coupable de considérer comme négligeable ce que Dieu a donné aux humains et qui lui a coûté la mort de son Fils. C’est pourquoi l’absence de piété est tout aussi coupable que d’en avoir une fausse. Dieu a fait le premier pas vers l’homme pécheur, il attend une réponse. La piété est l’expression de l’amour et de la reconnaissance. Une absence de réponse de notre part nous oblige à poser la question : aimons-nous le Seigneur ? L’amour crée un échange naturel de cœur ; celui qui en est au bénéfice ne peut se contenter que l’autre fasse tout, il cherche à lui rendre. La piété est donc la réponse de l’homme à Dieu qui lui parle, elle n’est pas une option !

La piété est pour Dieu tout comme le culte est pour Dieu. Dès lors que la piété n’est plus orientée vers Dieu, elle se pervertit. C’est ainsi que l’on en vient à voir dans la piété une source d’épanouissement personnel, un bien-être intérieur indispensable à son bonheur ou encore la satisfaction d’avoir été un bon chrétien après avoir pris du temps pour le Seigneur… Ainsi vécue, la foi est détournée de son vrai but, elle peut devenir une enflure de l’âme. La théologie vécue dans cet esprit finit par se détacher de la vraie piété qui est la relation personnelle avec Dieu. Paul avertit Timothée : nous sommes appelés à suivre une doctrine certes, mais une doctrine conforme à la piété. Le vrai but de la doctrine est de nous conduire à une piété saine et qui nous garde d’un grand nombre de dérives et de spiritualités plus ou moins confuses. Tout autre forme de piété doit être exclue de notre communion.

« Si quelqu'un enseigne autrement et ne marche pas selon les saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ, et selon la doctrine conforme à la piété, il est enflé d'orgueil, il ne sait rien ; il a la maladie des discussions et des disputes de mots » (1 Tim. 6 : 3 - 4)

Qu’elle soit intellectuelle, spirituelle ou émotionnelle, la recherche d’enrichissement personnel imprègne souvent nos élans pieux. Les intérêts de l’homme constituent le moteur, la motivation. Il y a là une perversion que Paul ne manque pas de dénoncer dans cette même exhortation : « De là naissent l'envie, la discorde, les calomnies, les mauvais soupçons, les contestations interminables d'hommes à l'esprit corrompu, privés de la vérité, et qui considèrent la piété comme une source de gain. Certes, c'est une grande source de gain que la piété, si l'on se contente de ce qu'on a. » (1 Tim. 6 : 4 - 6)

On ne recherche pas la piété pour gagner, mais parce qu’on est gagné par Christ ! Des fruits nous serons donnés mais ils ne sont pas le but. Si la piété est un moyen de s’enrichir, elle n’est plus pour Dieu ! Nous pouvons même désirer la sanctification dans un esprit de convoitise, espérant obtenir des exaucements, une révélation nouvelle, et le malin s’infiltre par son venin habituel : tu connaîtras, tu seras comme Dieu… L’homme tombe en se cherchant lui-même, encore une fois le vecteur est inversé. Dans cet esprit, toutes les plus belles vérités deviennent alors mensonges, car usurpées pour servir sa propre gloire. Elles sont détachées de la réalité, de la personne de qui, par qui et pour qui sont toutes choses. Car il faut enfin en venir à ce qu’est la vraie piété : une personne, celle du Christ Jésus.

« Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie selon la tradition des hommes, selon les principes élémentaires du monde, et non selon Christ. (…) Ainsi donc, que personne ne vous juge à propos de ce que vous mangez et buvez, ou pour une question de fête, de nouvelle lune, ou de sabbats : tout cela n'est que l'ombre des choses à venir, mais la réalité est celle du Christ. » (Col. 2 : 16 - 17)

La piété ne peut se résumer à une pratique rituelle extérieure. La réalité c’est Christ, le reste n’étant que l’ombre des ces choses. L’ombre de notre femme n’est pas notre femme, nous comprenons assez facilement qu’il existe une belle différence… Toute pratique qui nous dispense de Christ est une fausse piété qui se transforme en convoitise coupable et la Parole nous invite au contentement. C’est pourquoi ces longues prières insistantes et exigeantes représentent un danger, ce que l’on reçoit ainsi n’est pas forcément une bénédiction. Notre piété n’est pas un moyen d’obtenir des biens.

Lors d’un séminaire entre jeunes collaborateurs, cette différence est apparue clairement. Tandis que chacun s’efforçait de s’humilier et de dénoncer toute sorte de péchés en vue d’une expérience de délivrance, un malaise s’est installé et Daniel s’est mis à craindre une chose : et si nous exigions une bénédiction particulière comme le peuple demandait des cailles ? C’est alors qu’une pensée s’est imposée comme une conviction : « Contente-toi de ce que je te donne ». L’ambiance a immédiatement changé, les prières se sont orientées autrement, la paix a été donnée et la présence du Seigneur par l’Esprit était palpable.

Lorsqu’il s’agit de piété, la question des comportements est également mentionnée. Paul décrit la conduite qui sied à l’enfant de Dieu : il donne des recommandations précises pour ceux qui aspirent à un ministère, aux femmes pour tenir leur maison… etc. Dans toute bonne maison il existe une ligne de conduite. Aujourd’hui, toute relation de fidélité est exclue, la mentalité est faussée au point que les bons élèves sont méprisés et dénigrés au profit d’une idée égalitariste. Suivre une ligne de conduite avec des valeurs est passé de mode, semble-t-il. Pourtant si ce modèle plait au Seigneur, pouvons nous le mépriser ? Ce texte a parlé aux hommes dans tous les siècles, il est en dehors du temps et il concerne la maison de Dieu, l’Eglise du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité et non un melting-pot de toutes les idées comme on voudrait le faire croire aujourd’hui dans le monde évangélique : « chacun selon sa sensibilité… ». Il s’agit donc de rechercher ce qui plaît à Dieu en matière de culte et non ce qui nous plaît, sans quoi notre culte devient offense, nos sacrifices ne sont plus agréés par Dieu. Les prières sont des parfums de bonne odeur devant Dieu.

Un homme doit savoir communiquer à son foyer la crainte de Dieu, la femme doit accepter de rentrer dans le ministère de son mari. Ce dernier doit transmettre à sa femme et aux siens ce qu’il a reçu, car comment pourra-t-elle s’associer si le mari ne l’associe pas ?

Toutes les distractions numériques disponibles à la maison portent un sérieux coup à la vie de prière et de piété familiales. Oui, être en Christ nous dispense de l’obligation absolue d’un culte familial quotidien, mais dans la mesure où nous sommes toujours devant Dieu, la conscience en éveil (cf. Hébreux 12).

Tout ce que nous faisons, nous le faisons comme pour le seigneur, l’enfant lui aussi est exhorté à obéir à ses parents comme au Seigneur de sorte qu’il peut déjà être gardé de l’oppression ou de l’infantilisme. Notre vie entière est devant Dieu. Un chrétien ne peut envisager de se coucher en colère ou avec une amertume rentrée. Un « coup de gueule » est encore moins grave qu’une attitude constante et lancinante de contestation et de ressentiment.

« Tu sauras ainsi comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l'Église du Dieu vivant, la colonne et l'appui de la vérité. Et il faut avouer que le mystère de la piété est grand : Celui qui a été manifesté en chair, justifié en Esprit, est apparu aux anges, a été prêché parmi les nations, a été cru dans le monde, a été élevé dans la gloire. » (1 Tim. 3 : 15 - 16)

Il est surprenant de constater à la suite de toutes ces recommandations pratiques une sorte de rupture dans le texte avec une déclaration qui ne paraît avoir aucun rapport avec les points concrets soulevés : la liste de recommandations s’interrompt brutalement et Paul parle du mystère de la piété par ces termes : « et il faut avouer que le mystère de la piété est grand. » Il n’est plus question de pratique mais de celui qui est à la source de tous ces fruits, Christ, la chair de la Parole, seul médiateur et moyen d’une juste relation entre l’homme et Dieu. Paul avoue que ce mystère est grand, comme s’il était conscient lui-même de la difficulté à saisir cette réalité pourtant fondamentale : la piété est un mystère mais ce mystère nous a été révélé. Il n’existe aucun autre nom par lequel nous puissions être sauvés, aucune autre piété, aussi assidue qu’elle puisse être. La piété dépend totalement du Seigneur auquel je suis appelé à m’attacher comme le sarment reste accroché solidement au cep. Tout le reste n’est que précepte humain pour la glorification de la chair.

On ne peut se passer de la communion avec Dieu qui s’établit par le Fils. Une pratique pieuse liée à nos efforts religieux nous conduits dans l’impasse et parfois vers de fausses émotions.

Nous vivons notre piété en lui car il est la piété parfaite, celle que nous n’aurons jamais et qu’il est vain de chercher hors de lui : Christ seul a été exaucé par le Père à cause de sa piété. Le père ne donne pas au Fils son Esprit avec mesure, c’est pourquoi étant dans le Fils, l’Esprit nous est pleinement accordé, notre piété est libre : « le Seigneur, c'est l'Esprit ; et là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté. » (2 Cor. 3 : 17)

C’est pourquoi c’est en Christ que nous nous plaçons par la foi, il nous conduit directement au lieu du sanctuaire du Père et nous sommes rendus capables de devenir, selon sa volonté, des adorateurs en esprit et en vérité. Cette communion vivante avec Christ est alors appelée à transformer notre être entier.

Tout notre travail et notre service ont un sens dans la connaissance du Seigneur. En acceptant cette orientation, nous ne serons pas oisifs ni stériles pour la connaissance de Jésus-Christ. Le connaître et le faire connaître, tel est le sens de notre piété chrétienne.

Daniel et Jérémie

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