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Les vertus suprêmes : patience et persévérance

Publié le dimanche 02 juin 2019

« Quoique nous parlions ainsi, bien-aimés, nous attendons, pour ce qui vous concerne, des choses meilleures et favorables au salut. Car Dieu n'est pas injuste, pour oublier votre travail et l'amour que vous avez montré pour son nom, ayant rendu et rendant encore des services aux saints. Nous désirons que chacun de vous montre le même zèle pour conserver jusqu'à la fin une pleine espérance,  en sorte que vous ne vous relâchiez point, et que vous imitiez ceux qui, par la foi et la persévérance, héritent des promesses. » (Hébreux 6 : 9)

Ces exhortations s’adressent à chacun d’entre nous. Lors de son avènement, le Seigneur veut nous trouver dans la foi et la persévérance, voilà la seule chose qui compte à cette heure cruciale. On dit souvent qu’il est plus facile de démarrer une œuvre que de la faire durer. Cette pensée nous vient souvent à l’esprit ces derniers temps. Les difficultés récurrentes, les scandales, les déceptions peuvent venir à bout de notre persévérance. On espère des changements et on n’attend plus à force d’attendre, la patience s’est usée et l’on comprend mieux certains pasteurs qui ont terminé leur vie complètement désabusés. Quelle redoutable perspective, quelle menace !

Ce texte de l’épître aux Hébreux suit des avertissements solennels envers ceux qui ont fait de belles expériences de vie chrétienne mais qui ont ensuite été vaincus par la tentation. Ces tentations arrivent à tout âge. Car malgré le vieillissement, nous restons les mêmes dans « notre tête » et notre fermeté face au péché s’émousse avec le temps.

C’est un argument malhonnête de dire que Dieu avertit de choses qui ne peuvent arriver ou de parler « d’impossible possibilité » comme l’ont fait certains théologiens. Dieu ne parle pas pour ne rien dire, ces textes ne sont pas donnés pour nourrir nos raisonnements spéculatifs et retors pour inventer d’autres interprétations. Ils sont suffisamment clairs pour comprendre leur enseignement. C’est à cause de ce relativisme que le christianisme est aujourd’hui à bout de souffle. On a préféré la légèreté, on récolte une situation catastrophique.

« Lorsqu'une terre est abreuvée par la pluie qui tombe souvent sur elle, et qu'elle produit une herbe utile à ceux pour qui elle est cultivée, elle participe à la bénédiction de Dieu; mais, si elle produit des épines et des chardons, elle est réprouvée et près d'être maudite, et on finit par y mettre le feu. »

Qui peut prendre un tel avertissement à la légère ? Il n’y a rien de plus solennel.

Tant de choses peuvent nous détourner de la seule confiance en Jésus-Christ. Le légalisme en est une, car il consiste à placer son assurance dans sa pratique plus que dans le Seigneur. Et Paul appelle cela déchoir de la grâce. On peut se réfugier derrière une expérience de conversion, notre baptême ou autre expérience pour nous rassurer à bon marché et balayer d’un revers de main ces avertissements. Plutôt qu’une confiance, c’est une certaine léthargie qui nous gagne alors. Nous n’écoutons plus la Parole telle qu’elle est transmise.

Or il nous faut comprendre une chose fondamentale : seule la Parole peut renouveler en nous la persévérance et la consolation. Comment pourrions-nous recevoir ses encouragements si indispensables sans recevoir les avertissements solennels ? Serait-elle la Parole uniquement pour ce qui nous arrange ? Si nous écoutons maintenant, alors nous pouvons attendre autre chose en vue du salut, car Dieu n’est pas injuste pour oublier notre travail. Voilà ce qui est pour nous, si nous recevons les avertissements comme les encouragements.

Les promesses revêtent toujours un aspect conditionnel. « Si vous persévérez » précise ici l’auteur de l’épître aux Hébreux. La persévérance et la patience sont présentées comme les vertus cardinales, elles sont le sens même de nos épreuves, d’après l’apôtre Jacques.

Le Seigneur veut la trouver en nous jusqu’au bout afin d’être dans la foi en Jésus le Sauveur au moment où il viendra. Avoir la foi au moment du départ était la seule chose qui comptait pour Paul : « j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. » C’est ce regard de foi qui a sauvé le brigand sur la croix. C’est bien ce salut en Jésus-Christ que nous sommes appelés à annoncer aux mourants. Certains ont trouvé la paix dans cet instant ultime, tandis que d’autres s’étant démenés toute leur vie dans des œuvres multiples meurent révoltés. Ils ont apporté plus d’importance à leurs actions qu’au Seigneur Jésus.

Dans l’attente, c’est la fin qui est toujours la plus pénible à supporter, le moment le plus long, là ou l’impatience se déchaîne. Ce qu’on a accepté d’endurer pendant longtemps, se présente comme insupportable car le temps passé ne se rattrape plus, c’est comme trop tard, on ne tient plus.  La patience est cette vertu que Dieu attend. Je ne peux fixer de terme à la patience, je ne peux décider jusqu’à quel moment je dois persévérer, c’est jusqu’au bout.

Le royaume est éternel, ces limites n’ont pas lieu d’être. C’est pourquoi il est inconcevable en terme de foi de dire : « je vais essayer pour voir si ça marche ». Le terme « essayer » n’est pas chrétien. Nous sommes sauvés pour l’éternité, nous servons pour le royaume aujourd’hui et pour toujours. Il n’y a rien à essayer dans l’idée d’arrêter « si jamais ». « Nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui croient pour sauver leur âme ». (Hébreux 10)

Voici donc ce qui nous est demandé : « garde la Parole et repens-toi, reprends la marche sur ce vecteur éternel ». Le terme de l’épreuve, c’est Dieu qui en décide. Certains décident de faire un « break » avec Dieu. C’est le piège des mots qui nous écartent de la pensée biblique, rien ne justifie une telle chose dans la Parole.

Si je relativise la Parole, elle n’est plus vérité pour moi, elle n’est plus suffisante pour rassurer mon cœur au moment du doute. Il est aujourd’hui considéré comme snob de se déclarer non-croyant. Mais dans le même temps, on affirme croire dans l’art ou les vertus de l’imagination. Spiritualité facile qui englobe moult stupidités dont on se gargarise volontiers dans les émissions littéraires. Ceux qui ont des positions claires sont classés dans la famille des « phob » (homophobe, xénophobe etc.) Les croyants adhèrent à ce fond relativiste qu’on pourrait aussi décrire comme l’art du contre-pied pour ne pas obéir. Et la Parole n’a plus d’effet dans leur vie, ne produit aucun changement, n’apporte pas de consolation.

Dans le même esprit, on peut dire : « oui, mais attention, ça c’est la Mission », ou bien « ça, c’est Daniel » …  La question est de savoir avant tout ce que dit la Parole. Comment ma foi peut-elle être affermie autrement ? Il faut que la Parole ait autorité sur mes pensées, mes émotions mon tempérament, qu’il soit optimiste, pessimiste, nostalgique, grincheux, enthousiaste ou naïf…

Il est parfois difficile de consoler une personne culpabilisée qui ne voit que l’aspect négatif de toute chose. C’est ainsi lorsqu’on n’a pas accepté qu’une autre autorité règne sur nous-mêmes. La Parole nous oblige à affronter le négatif tout en saisissant les promesses annoncées. La Parole sauve, guérit et crée la foi. Si nous ne voulons pas nous y soumettre, nous ne pourrons expérimenter l’autorité sur les puissances de mort ou les angoisses. Cette autorité est donnée à l’Eglise par la Parole. Jésus a éprouvé lui-même des angoisses terribles à Gethsémané, il s’est soumis volontairement à la volonté de Dieu.

Nous pouvons être découragés de notre découragement, mais c’est en saisissant la grâce et la Parole dans la soumission que le miracle s’opère. Le zèle s’essouffle toujours à un moment ou un autre, mais nous pouvons répondre : « Seigneur, viens au secours de mon incrédulité » et il ranime la flamme. Quand nous acceptons cette soumission, il arrive que nous soyons surpris de la facilité avec laquelle la chose s’accomplit. Nous l’avons expérimenté encore lors de notre dernier voyage en Corée où des choses difficiles nous étaient demandées. Un verset a été donné au moment de notre départ : « faites tout sans murmure ni discussion… » La Parole promet aussi qu’Il mettra en nous « le vouloir et le faire pour accomplir son bienveillant dessein d’amour ». Tout nous est donné pour accomplir notre vocation. Il suffit d’être là, de croire et d’espérer.

On se préoccupe beaucoup de l’attitude des autres vis-à-vis de nous, comment ils nous considèrent. Nous quittons alors la perspective de l’éternité. Ce n’est pas ce nous faisons qui est important mais ce que nous croyons. On peut se préoccuper de sanctification et nos élans ne sont que de petits sauts de puces qui finissent écrasées sous les pieds des autres, comme lorsque nous sommes écrasés par l’accusation du diable. La légèreté de l’espérance nous a quittés, plombée par ce souci d’être reconnus, de bien faire et d’être. La sanctification est en Jésus-Christ et c’est lui qui fera ce qu’il demande ! « Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification ». « Celui qui vous a appelés est fidèle et c’est lui qui le fera. »(1 Thessaloniciens 5 : 24)

Ceux qui affirment que tout cela n’est pas pour eux font Dieu menteur. Malgré nos états d’âme et ce que nous pensons, cette vérité est inébranlable : « la terre et le ciel passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Matthieu 24 : 25). Ce que Dieu demande, il l’accomplit, ma part étant de ne jamais me départir de la confiance. C’est là le culte qui plaît à Dieu et qu’il bénit. Ce qu’il me demande, il l’accomplira. Demeurer ferme dans la confiance dans ses promesses pour la vie présente et la vie à venir résume le culte qui plaît à Dieu. Nous ne les expérimentons pas toutes mais nous les croyons toutes et toutes seront parfaitement accomplies dans l’éternité.

« N'abandonnez donc pas votre assurance, à laquelle est attachée une grande rémunération. Car vous avez besoin de persévérance, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Encore un peu, un peu de temps: celui qui doit venir viendra, et il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi; mais, s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. Nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui ont la foi pour sauver leur âme. » (Hébreux 10)

Oui, l’attente nous paraît longue et pourtant le Seigneur nous dit : « encore un peu de temps… » Qu’est-ce que notre attente par rapport à l’éternité ? Le temps de Dieu n’est pas le nôtre. Alors il nous faut accepter les choses comme telles. L’impatience nous conduit au dépit et nous détourne de l’adoration dans la confiance, égarés par les raisonnements des impies. « Si tu défends ta cause comme les impies, le châtiment sera inséparable de ta cause » a-t-il été dit à Job. Il est dit ailleurs : « Si tu ne demeures pas ferme dans la confiance, tu ne sera pas affermi dans ta défense. »(Esaïe 7 : 7)

Dans notre révolte, nous savons ce que Dieu nous doit et nous oublions ce que nous lui devons. Nous alternons entre des pointes de jugements orgueilleux et de profonds découragements.

« Celui qui se relâche dans son travail est frère de ce celui qui détruit » (Proverbes 18 : 9). C’est pourquoi, c’est jusqu’à la fin que nous devons garder le zèle. Nous avons tout en Jésus-Christ, car il a été fait pour nous sagesse, justice et sanctification. Je regarde à lui avec une pleine espérance et confiance sans me relâcher.

Si j’accepte cet abandon, c’est à sa bonté que je m’abandonne et une bienveillance s’installe aussi dans mon âme, de sorte que je suis renouvelé dans l’amour fraternel.

Puisqu’il nous aime, pourquoi restons-nous si amers ? Toute amertume disparaîtra dans la confiance dans sa bonté.

Demeurons donc fermes dans Sa bonté, la sienne.

Daniel & Jérémie

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