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Les noces de Cana

Publié le jeudi 06 novembre 2008

Lorsque nous comparons la recherche actuelle du monde religieux à l'esprit des évangiles, nous réalisons à quel point il y a méprise. Le royaume de Dieu et sa Gloire n'ont rien de commun avec les projets humains. Le croyant pense souvent que Jésus est venu pour sauver le monde par sa royauté, sa morale et son action. Il y a bel et bien confusion entre la gloire de Dieu et celle des hommes, le bien qu'il fait à son peuple et le bien que nous voudrions qu'il fasse au monde entier. Nous voudrions proposer (voire imposer) le royaume de Dieu au monde pour son bonheur : c'est l'esprit des guerres saintes qui a entaché des pans entiers de l'histoire de l'Eglise et qui se répand encore aujourd'hui au travers des intentions du monde évangélique.

Nous retrouvons cette méprise chez Marie qui, lors des noces de Cana, suggère à son fils de faire un miracle. Son désir naturel de mère sera sérieusement remis à sa place par la réponse sans équivoque de Jésus « Femme, qu'y a t-il entre toi et moi ? … ». Marie connaissait la puissance de son fils et n’attendait qu’une chose : qu’il fasse un acte digne de son rang…

La distance entre le projet de Marie et ce que Jésus veut faire montre à l’évidence que rien ne peut justifier l’adoration ni la vénération de la vierge… Jésus répond : « mon heure n’est pas encore venue ». La manifestation de la gloire divine n’est pas au travers d’un miracle mais de la croix, la faiblesse humaine poussée à l’extrême. La mère espère que son fils amènera prospérité à Israël et gloire à son peuple, ne voyant dans l’œuvre de Jésus que l’avènement d’un royaume terrestre comme les disciples. La gloire du roi ne se manifestera que sur la croix ! Quelle méprise !

Cette réalité déboute la position des religions traditionnelles. Le Seigneur nous révèle la communion du Père et du Fils et non pas ce couple mystique de la femme et l’enfant, illusion à l’origine de beaucoup de douleurs car nous détournant de Dieu le Père et Dieu le Fils unis pour agir ensemble en vue d’un royaume qui n’est pas de ce monde. La croix détruit cette imposture, cette fausse espérance. La Parole prononcée par l’ange à Marie « une épée te traversera l’âme » est un enseignement pour nous tous. La croix traverse l’âme de la mère c'est-à-dire des sentiments humains et de cette volonté effrénée de maintenir ces liens charnels qui nous semblent indispensables au bonheur terrestre. Le lien à la mère conduit au culte de la femme, à la déesse-mère, à la recherche de consolation jamais assouvie mais toujours plus douloureuse.

Vouloir instaurer un royaume de Dieu sur la terre engendre inévitablement la haine et la violence. Jésus dira pourtant si clairement : « Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi »[1]. Pourquoi voulons-nous faire ce que Jésus a renoncé à faire lui-même ? Cette réponse faite à Pilate dévoile la véritable raison de l’hostilité des hommes religieux ou païens.

Le combat pour l’Eglise n’est pas un combat humain. Lorsque les croyants veulent combattre humainement pour la propagation de la foi et l’établissement d’un règne de paix et de bonheur pour cette création, ils ignorent volontairement ce que nous dit Pierre : « En ce jour–là, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre, avec les œuvres qu’elle renferme, sera consumée. »[2]

Plutôt que d’accepter un tel destin pour la création, l’homme s’obstine à vouloir recréer un paradis, refusant de reconnaître la conséquence horrible du péché qui a enlaidi et rendu périssable ce que Dieu avait créé de plus beau. Nous persistons à croire dans un salut terrestre alors que la Parole nous enseigne qu’il est céleste[3]. Si les hommes avaient accepté cette réalité, ils n’auraient pas crucifié le Christ[4]. Plutôt que de reconnaître cette réalité, l’homme préfère s’investir dans toutes sortes de combats politiques, religieux poussé par des motivations humaines glorieuses et certainement admirables aux yeux du monde. Mais le combat du croyant n’est pas un combat pour ce monde. Ce qu’il adore n’est pas un homme ou une femme améliorés capables de choses extraordinaires : « adore Dieu » dira l’ange à Jean. Marie voulait voir la manifestation de la gloire du Fils en tant qu’homme sans comprendre que son ministère et sa gloire n’étaient pas humains. Il travaillait pour un autre royaume.

La persistance à combattre pour des vues humaines fera de nous les plus malheureux des hommes.[5] Lorsque toutes nos entreprises humaines seront éprouvées par le feu, ne restera que ce qui est divin et éternel : l’œuvre de l’Esprit. Nous revenons constamment à la chair car nous voulons une guérison pour la terre. Nous voudrions régner dans la vie, mais le Seigneur nous donne une victoire par la vie en Christ dans la mesure où nous sommes associés dans sa soumission, sa royauté et son adoration dans la recherche de son royaume qui n’est pas de ce monde : « cherchez d’abord le royaume de Dieu…. »[6]

Jésus a agi miraculeusement dans le simple but de satisfaire à la fête et de ne pas décevoir l’organisateur de la soirée qui se trouvait bien embarrassé… Il participe comme tout au long de son existence terrestre à la vie des hommes, à leurs joies, leurs chagrins. Il guérit, délivre, console, enseigne tout en se comportant comme un fils auprès de ses parents. C’est donc naturellement qu’il participe à ce mariage, contexte banal au cours duquel il effectuera le premier miracle de son ministère et non le moins étonnant… Les convives sont ivres et Jésus leur fournit de quoi l’être un peu plus… L’œuvre de Dieu est décidément bien mystérieuse ! L’usage que les hommes font des biens accordés ne semble pas le préoccuper outre mesure. Il n’en est pas responsable, il agit en cette circonstance uniquement pour le bien et le bonheur de ces hommes. En l’occurrence, il ne le fera pas chichement puisque 6 jarres représentent environ 600 litres…

Les évangéliques anglo-saxons diront que le miracle se trouve dans le fait que les convives aient trouvé un vin sans alcool meilleur que l’autre mais le mot grec est bien vin et non jus de raisin. Du reste, un échanson est censé connaître la différence…. Voilà donc la réalité : Jésus leur offre le meilleur pour la fin alors qu’ils étaient ivres. Il n’a ni mépris ni jugement pour les bonheurs humains. Qu’ils en aient un peu plus ou un peu moins, quelle différence ? Il leur a fait du bien, comme il a nourri les foules mais de ce nombre, bien peu l’ont suivi. L’usage ne changeait rien chez ceux qui ne croyaient pas, ils en sont parfois au bénéfice sans réaliser qu’ils profitent d’un miracle… C’est là toute la différence : ceux qui croient, voient la gloire de Dieu, les autres constatent peut–être mais ne croient pas. Avec le peu qu’ils ont entendu, les disciples ont suivi Jésus, ils seront aux premières loges et auront les yeux ouverts pour voir la gloire du Fils manifestée au travers des miracles qui ne sont que des signes car tel est le sens du mot miracle. A ceux qui ont demandé des miracles pour croire il a été répondu : « il ne lui sera donné d’autre miracle que celui de Jonas »[7], mais il est dit : « si tu crois, tu verras la gloire de Dieu »[8].

Guidés par notre appétit de gloire, nous imaginons spontanément qu’un témoignage efficace et puissant ne peut se faire que par des actes extraordinaires à l’image des exploits humains. Nous oublions que Dieu a choisi les choses faibles et folles du monde pour confondre les fortes[9]. Ainsi briller comme des flambeaux dans le monde n’est pas lui ressembler ou l’impressionner ni même chercher à l’influencer. Etre lumière du monde signifie avoir reçu la lumière de Christ, l’être par lui, les yeux tournés vers la gloire divine pour en être le reflet. C’est marcher d’une manière différente au milieu du monde avec justice, bonté et vérité manifestant une véritable charité et, avant toute chose, un amour fraternel, marchant dans la lumière en vue d’une vraie communion de vérité.

Marie a été dévoilée dans son désir de briller. D’une manière générale, Jésus déboute ici la tradition des hommes inspirée de leur recherche charnelle et religieuse. Il révèle la véritable unité : celle du Père et du Fils qui travaillent ensemble dans une parfaite communion, unis par l’esprit et manifestant l’amour parfait.

Acceptons d’être convaincus dans notre idolâtrie charnelle qui n’engendre que douleur et nous voile les véritables promesses. Ne soyons pas comme ces foules qui assistent aux miracles, entendent les Paroles du Fils mais ne comprennent pas les choses du royaume.

Prions :

Seigneur, aie pitié de notre cécité spirituelle, de cette obstination à fonder notre espoir sur les choses d’en bas et notre gloire sur la terre. Pardonne-nous d’avoir pensé que tu seras glorifié si nous sommes glorieux au milieu des hommes en brillant de l’éclat de notre intelligence, de nos richesses, de notre force et de notre labeur, alors que tu nous demandes simplement de te servir dans l’amour et de nous aimer les uns les autres en étant au milieu du monde, reflets de ta grâce.

Nous voulons vivre dans l’espérance de la vie éternelle et l’attente du royaume céleste. Nous confessons que notre cité est dans le ciel, nous t’attendons, toi Jésus notre espérance, Fils de Dieu mort pour nos péchés, ressuscité, vivant pour l’éternité dans la gloire, assis à la droite du Père. Toi qui, selon ta promesse, nous as réservé une place et, une fois notre existence terrestre terminée, nous accueillera dans ta Gloire, en ton sein qui console.

Nous voulons être serviteur et servante de ton royaume céleste en disant : « viens Seigneur Jésus, viens bientôt ! »

Amen

[1] Jn 18 : 36.

[2] 2 Pi 3 : 10.

[3] Jn 18 : 36.

[4] 1 Cor 2 : 8.

[5] 1 Cor 15 : 19 « Si c’est dans cette vie seulement que nous espérons en Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes. »

[6] Mat 6 : 33 « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu ; et toutes ces choses vous seront données par–dessus. »

[7] Mat 16 : 4.

[8] Jn 11 : 40.

[9] 1 Cor 1 : 27.

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