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Ils se parlèrent les uns aux autres

Publié le dimanche 27 avril 2014

Malachie 3 fait partie des textes qui ont profondément marqué notre mission et en particulier ce verset : « Ceux qui craignent l'Éternel se parlèrent l'un à l'autre ; L'Éternel fut attentif et il écouta : et un livre de souvenir fut écrit devant lui pour ceux qui craignent l'Éternel et qui respectent son nom ».

Ce passage biblique, inséré au milieu d’un livre d’un petit prophète peu lu, a été alors reçu comme une réponse à une préoccupation : comment trouver plus de communion notamment entre les responsables dans l’Eglise ? C’est à partir de ce texte que nous avions alors décidé d’organiser des temps de partage entre frères ayant compris qu’une telle réunion en vue de se parler plaisait au Seigneur et qu’elle était l’aube d’une bénédiction promise. Comme dans le texte de Malachie, nous avons alors expérimenté qu’un changement s’opérait au milieu de nous, des réponses ont été données et une bénédiction renouvelée.

Dans le chapitre 3, cette rencontre fait suite aux avertissements sévères adressés au peuple. Il est tout d’abord question de la venue du Seigneur annoncée comme un jour solennel de jugement. Première venue pour Malachie, et seconde venue pour nous car dans les paroles des prophètes, les 2 venues sont comme confondues. Comme les juifs du temps de Jean-Baptiste, nous sommes appelés à attendre la venue du Messie avec crainte car c’est un jour de jugement et de purification par le feu. Ce contexte a encore de l’actualité pour nous.

« Le Seigneur que vous cherchez ; et le messager de l'alliance que vous désirez, voici qu'il vient, dit l'Éternel des armées. Qui pourra soutenir le jour de sa venue ? Quel est celui qui tiendra debout quand il paraîtra ? Car il est comme le feu du fondeur, comme la potasse des blanchisseurs. Il siégera, tel celui qui fond et purifie l'argent ; Il purifiera les fils de Lévi, Il les épurera comme (on épure) l'or et l'argent. » (versets 1à 3)

Vont suivre des reproches, une dénonciation des pensées, paroles et actes du peuple, autant de péchés qui attirent le jugement contre lui. Péchés dont nous devrons rendre compte avant de le rencontrer. Un slogan était affiché à une certaines époque sur quelques voitures évangéliques : « prépare-toi à la rencontre de ton Dieu… ». Des prédicateurs avaient pris l’habitude de poser la question solennelle pour ponctuer leur sermon : êtes-vous prêts ? Mais nul ne disait comment il fallait se préparer !

Il est vrai que les avertissements de Dieu sont clairs et solennels mais il ne se contente pas de dénoncer le péché, il indique également la voie à suivre. Tout dépendra de la réaction du peuple à la Parole donnée. Ce qu’il attend de notre part est une réaction juste aux reproches qu’il nous adresse. Voici ce qu’il dit au peuple :

« Vos paroles ont été dures contre moi, dit l'Éternel. Et vous avez dit : en quoi avons-nous parlé entre nous contre toi ? Vous avez dit : C'est en vain que l'on sert Dieu ; Qu'avons-nous gagné à observer son commandement et à marcher avec tristesse à cause de l'Éternel des armées ? »

En lisant ces reproches, il est bien difficile de ne pas se sentir concerné : qui d’entre nous n’a jamais eu ce genre de réflexion devant les difficultés de l’existence, qu’elles soient personnelles ou familiales… « A quoi sert-il d’être fidèle à la Parole et se contenter d’être une minorité méprisable tandis que d’autres sont bien moins scrupuleux et que ça semble mieux marcher… ? ». Ce raisonnement simple est une vraie tentation et Dieu répond : vos paroles sont dures contre moi ! C’est contre Dieu que l’on parle en refusant simplement de vivre ce qui nous est donné à vivre.

Mais en réponse à ce reproche, les hommes qui craignent Dieu vont se parler pour répondre à la Parole qui dévoile leurs pensées. Ils se sentent concernés par cette parole adressée au peuple. On peut entendre cette dénonciation sans réagir, comme un professeur dirait à sa classe de s’asseoir et de se taire mais sans aucun succès.

Dans beaucoup de groupes de jeunes, on a pris l’habitude d’écouter la Parole tout en conservant sa vie mondaine et sans rien changer à ses habitudes. On entend mais on ne répond guère. Il est possible que cet état de fait soit le reflet de notre propre attitude religieuse qui, bien que moins grossière, ne prend plus soin de réagir à la Parole entendue. Plus de réponse personnelle, encore moins de partage fraternel en réponse à la Parole pour s’examiner soi-même, reconnaître la vérité les uns devant les autres avec sincérité et inspirés par la crainte de Dieu.

Que se sont-ils dit ? Visiblement, les hommes qui craignaient Dieu ont donné leur réponse les uns devant les autres ! C’est une obéissance communautaire à la Parole qui va à l’encontre de l’idée individualiste du salut personnel. Beaucoup préfèrent vivre leur foi tout seuls, c’est l’habitude religieuse qui permet de se côtoyer mais en prenant soin de ne surtout pas aborder ce qui fâche, ce qui fait honte. Alors au mieux, on répond tout seul, mais le plus souvent on ne répond pas, c’est un non lieu. Etre d’accord, c’est déjà formidable !

Un pasteur a répondu un jour à un de ses paroissiens qui lui faisait quelques reproches : « Toi tu confesses tes péchés avec moi, quant à moi, ne t’inquiète pas, je me débrouille avec le Seigneur ! » Pour certains pasteurs, visiblement, la repentance serait pour les autres, eux sont au-dessus de la question…

C’est ainsi que Dieu parle pour rien, et il parlera de moins en moins. On ne voit plus de différence entre celui qui aime le Seigneur et celui qui ne l’aime pas, celui qui rend un culte et celui qui ne le rend pas. On peine à distinguer les chrétiens engagés des autres qui ne le sont pas, car tout se noie dans les mêmes préoccupations et centres d’intérêts. Les biens sont acquis grâce à la force et l’intelligence mais cette abondance ne ressemble pas à la bénédiction de Dieu. Les malheurs semblent frapper indifféremment les croyants et les non croyants.

Nous pourrions pourtant y voir une certaine logique : lorsqu’il n’y a pas de différence dans la vie, il n’y aura pas de différence de traitement ! Si les chrétiens ont une vie comme celle du monde, ils seront traités comme le monde ! Inutile de dire que ce qui nous arrive est la faute de Dieu, c’est tout simplement la faute des croyants, leur vie ne correspond pas à ce qui plaît à Dieu.

Mais si ceux qui craignent l’Eternel se parlent, alors voici ce que Dieu promet : vous verrez de nouveau la différence entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas.

Marchons-nous dans une véritable communion comme nous l’indique la Parole ? Nous pouvons passer ensemble de bons moments, suivre les réunions de l’Eglise mais sommes-nous prêts à nous parler en vérité ? Une piété apparente peut cacher une vie secrète d’injustice …« Que chacun parle selon la vérité à son prochain car nous sommes membres les uns des autres. »

Cette marche de vérité en réponse à la Parole est une chose qui plaît à Dieu. Il est attentif puisqu’il écoute ce que l’on dit ! Parfois, lorsque des problèmes sont simplement évoqués en équipe, même si nous n’avons pas eu le temps de prier longtemps, le fait de les avoir dénoncés a débloqué la situation. Nous les avons partagés. Le fait de se le dire est déjà une prière à Dieu, car il entend cela. La paix est donnée, il répond et agit.

C’est ainsi que l’on craint Dieu. Celui qui dit craindre Dieu va honorer la Parole qu’il reçoit de lui et ne pas l’oublier ni la négliger.

Le partage fraternel est d’une grande efficacité, les paroles échangées sont écrites sur un livre tout comme nos larmes (« ne sont-elles pas toutes inscrites dans ton livre ? ») Pour ceux qui ne pleurent jamais, il manque quelque chose dans le livre de souvenir. Dieu se souvient de nos paroles comme de nos larmes, elles sont écrites et il les met à notre compte comme une promesse de bénédiction.

Nous craignons le jugement lorsque nous parlons, mais devant Dieu c’est l’inverse : c’est la bénédiction et c’est notre bonheur qui est en jeu. Nous l’avons déjà expérimenté dans la mission qui doit en partie son développement à cette communion dans la vérité et devant Dieu.

Cette communion est indispensable pour combattre pour la foi de l’Evangile et le salut de ceux que le Seigneur nous confie et qui sont aux prises avec des forces diaboliques. Dire à un alcoolique : « ne bois plus ! », c’est dire à quelqu’un qui est ficelé sur une chaise : « marche ! ». Il faut qu’il soit délié et cette autorité est donnée à l’Eglise dans la mesure où ceux qui la composent sont réellement en communion et se parlent.

Les peurs, notre éducation nous empêchent de parler de nous, de nos souffrances ou de nos péchés. C’est ainsi que la lumière et la bénédiction s’éloignent.

Dieu veut la bénédiction et que la différence se voie. Au milieu de toutes les difficultés de l’existence, que les hommes puissent constater que nous sommes au bénéfice d’une bénédiction de Dieu. C’est là notre évangélisation : notre soutien mutuel, notre manière de nous aimer, pour peu que nous acceptions d’en payer le prix.

Répondons sans cesse à la Parole en nous parlant les uns aux autres, et préparons-nous ainsi à la rencontre avec notre Seigneur.

« Ils seront à moi, dit l'Éternel des armées,
Ils m'appartiendront en propre au jour que je prépare ;
Je les épargnerai, comme un homme épargne son fils qui le sert.
Et vous verrez de nouveau (la différence)
Entre un juste et un méchant, entre celui qui sert Dieu et celui qui ne le sert pas.
(…) pour vous qui craignez mon nom se lèvera
Le soleil de justice, et la guérison sera sous ses ailes. »

Daniel et Jérémie

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