Menu supérieur

  • Accueil
  • Agenda
  • Download
  • Newest
  • Contact
  • Cantiques
  • Login
  • PC-mode

Menu gauche



précédant haut suivant

Du bon usage des charismes

Publié le mercredi 27 janvier 2010

Lors de la précédente session de formation nous avons été conduits à nous pencher sur la question des ministères et des dons spirituels à partir du chapitre 12 de l’épître aux Corinthiens.

Lorsqu’il est question de ministère, la crainte de réveiller les ambitions, les rêves inassouvis ou les aspirations intéressées nous empêche le plus souvent d’aborder le sujet d’une manière sereine. Il est vrai que se mélangent souvent à l’appel de Dieu toutes sortes de motivations plus ou moins conscientes qu’il convient d’abandonner en purifiant son cœur dans l’apprentissage d’une véritable vie de disciple. Sans cette marche d’obéissance, les obstacles à une vie spirituelle fructueuse seront nombreux. Pour autant, l’exercice des ministères dans l’Eglise ne se limite pas à cette question d’obéissance : il faut également une action surnaturelle pour que le travail accompli ne soit par vain. Celui qui exerce un ministère est animé par la puissance de l’Esprit qui dépasse les capacités naturelles. Que nous les sollicitions ou non, nos capacités ne font pas de nous des instruments puissants de la grâce divine, le Seigneur les utilise s’il le veut mais elles ne sont pas le fondement d’un ministère. La réalité d’un ministère chrétien, c’est cette action surnaturelle et mystérieuse du Saint-Esprit qui le transcende, l’oriente de manière particulière et lui donne sa valeur. Il va sans dire que les ministères sont voulus par Dieu car c’est par eux qu’il édifie son corps à la manière d’un ouvrier avec son outil. La question des dons est donc d’une importance capitale pour l’édification de l’Eglise.

Définition

Cette qualification spirituelle est une faculté créatrice que Dieu communique à ses enfants lorsqu’ils le servent. C’est le charisme. Même si le terme s’est ensuite étendu dans le langage courant à des capacités naturelles qui distinguent certaines personnes, « charisma » dans la Bible est toujours associé à « pneuma » pour souligner que cette aptitude vient de l’Esprit. Cette faculté ne vient donc pas de la chair, elle dépasse largement ce que l’homme peut faire avec ses possibilités naturelles. Nous ne pouvons pas imposer nos capacités naturelles. Dieu nous donne ces dons dans la mesure où nous le servons, comme nous le verrons plus loin. « Charisma » est une manifestation de la grâce, certains commentateurs y voient davantage l’aspect du cadeau que de l’aptitude, bien que les deux soient intimement liés. C’est ce don qui nous rend capables d’accomplir toutes sortes d’œuvres bonnes selon ce que l’Esprit donne à chacun de faire. Le don n’est pas nécessairement spectaculaire, un diacre a besoin d’un charisme pour faire son travail pratique, un enseignant pour expliquer avec clarté les choses spirituelles. Remplir un cahier des charges est une chose mais la force pour exercer un ministère dépasse les capacités. Si je suis à ma place, nul ne pourra faire aussi bien que moi ce qui m’est demandé d’accomplir, même si je m’estime incapable.

A qui et comment ?

Il est dit dans l’épître aux Corinthiens que l’Esprit distribue à chacun. Personne ne peut donc prétendre ne pas avoir sa place dans l’Eglise ou n’être doué pour rien. Si le Seigneur ne nous a rien confié c’est que nous n’avons pas su être disponibles ou que notre tâche ne nous a pas été encore révélée. Chacun doit recevoir dans sa vie une indication de l’Esprit en vue d’un ministère ou d’une diaconie. Mais chacun n’aura uniquement que ce que Dieu lui donne. Ambition, négligence ou mépris quant à ces choses portent atteinte au moyen que Dieu a choisi pour bâtir son Eglise. L’indifférence peut ralentir voire bloquer le développement de son œuvre. C’est une inquiétude pour l’avenir de notre mission, les besoins se multiplient partout, des ministères seront plus que jamais indispensables pour conduire l’Eglise, la diriger l’orienter, mais les préoccupations à ce niveau semblent bien insuffisantes. En négligeant cet aspect, nous pourrions craindre de nous priver d’une bénédiction pourtant indispensable à la pérennité de l’œuvre. Il est vrai que la plupart du temps nous sommes davantage préoccupés de notre place, qu’elle soit reconnue des autres ou de la mission et de quelle manière nos actions sont perçues. Cette préoccupation n’est pas fausse car le regard des frères est utile, mais elle est subordonnée à une autre plus grande : qu’est-ce que Dieu veut me donner pour son Eglise ? Car c’est bien de l’édification du corps qu’il s’agit plus que d’une question individuelle. La recherche des dons de l’esprit a souvent été faussée par la confusion pentecôtiste. Il est juste d’aspirer à ce que la Gloire de Dieu se manifeste par une richesse de dons mais dans quel but les cherchons-nous ? « De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l'édification de l'Eglise que vous cherchiez à en posséder abondamment ». (1 Corinthiens 14 : 12) Savoir que Dieu veut donner doit nous conduire à une recherche active bien éloignée de l’attentisme habituel qui caractérise malgré tout notre milieu. Il faut savoir honorer Dieu en honorant ses dons. La Parole n’est pas un musée où l’on devrait se contenter d’admirer les choses exposées sans pouvoir en profiter. Si Dieu veut donner des dons, il nous revient de savoir les chercher et les recevoir car il ne les imposera pas. Se livrer au Seigneur est donc un préalable, en acceptant le principe d’être ce qu’il veut, même si je n’en connais pas encore les termes exacts. Je peux demander au Seigneur qu’il suscite dans mon cœur les aspirations justes et nécessaires pour son œuvre. Dans cette disposition de cœur, je serai conduit sans être bloqué en rien par la volonté des hommes. Car, outre la conviction intérieure personnelle, l’Esprit se charge aussi de convaincre les frères et de me recommander auprès d’eux. Si je ne suis pas accompagné ou sans force, la question se pose : « Y a-t-il désobéissance, incrédulité ou révolte dans ma vie, suis-je à ma place ? ». Je dois accepter que les frères en jugent et s’expriment sur mes aptitudes. Une chose est certaine : il n’y a rien à arracher. Dieu suscite pour son œuvre ce qu’il faut au moment où il faut. Arracher est une obtention illégitime qui laisse un sentiment lancinant d’avoir dérobé. Le cœur n’est pas vraiment convaincu de l’avoir reçu de Dieu. Tout en vivant ces choses, nous continuons d’agir et d’accomplir ce qui nous est demandé. La première grâce à recevoir est celle de faire ce qui nous est demandé. Timothée a reçu un don de la part de Paul pour accomplir puissamment ce qu’il faisait déjà. Vient un moment où le ministère se dessine et va éclore, mais dans l’exercice de la tâche qui nous a été confiée, vécue dans l’esprit du disciple. Il s’agit d’avoir les pieds sur terre, la tête à ce que l’on fait, le cœur attaché au Seigneur, sans quoi nous risquons de nous égarer en rêvasseries sans accomplir notre tâche et nos devoirs d’aujourd’hui.

Tout est de Lui

« A chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. C'est pourquoi il est dit : Etant monté en haut, il a emmené des captifs, et il a fait des dons aux hommes ». (Ephésiens 4 : 5) Il y a un seul Seigneur qui est au dessus de tous, agit à travers tous et habite en nous tous. La part qui nous sera donnée est par Christ car c’est en Lui qu’est le don par excellence, la grâce. « Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes... » (Ephésiens 4 : 11) Si ce n’est pas en lui que nous cherchons toutes choses, alors notre recherche sera magique. La question des dons ne peut être détachée de cette unité au Christ. Etre de son corps signifie que nous avons été libérés ou plutôt capturés d’une captivité oppressante de la chair pour être captifs de lui. Ma foi vient de lui et m’amène à Lui pour être renouvelé. La vie spirituelle qui se maintient dans mon cœur, c’est la sienne, c’est la foi de Jésus qui m’est donnée et qui est garante de ma persévérance, celle des saints : « C’est ici la persévérance des saints, qui gardent le commandement de Dieu et la foi de Jésus ». (Apocalypse 14 : 12) Les dons sont accordés à ceux qui sont donnés, de sorte que tout est don. Christ s’est donné pour me racheter, je suis donné pour me consacrer, je reçois le don pour donner. Sans autonomie et ainsi captif du corps de Christ, je vis pour lui. Aujourd’hui, les chrétiens parlent beaucoup d’unité dans la diversité mais cette réalité ne peut se vivre que dans la mesure où l’origine est la même, et qu’en puisant réellement à la même source. En dehors d’une dépendance de l’esprit, on peut chercher une unité que Dieu n’approuve pas. Les protestants ont voulu l’unité, ils ont provoqué le déchirement… La même vérité n’aura pas le même résultat suivant la bouche qui la prononce. Si l’instrument est dépendant du Seigneur, elle portera du fruit, sinon elle ne produira que division.
Diversité pour une dépendance mutuelle A la différence de la sanctification qui est plus personnelle, les grâces pour servir ont pour but l’utilité commune. Ces dons sont dépourvus de grâce et de valeur s’ils ne sont pas exclusivement exercés pour l’édification de l’Eglise et dans l’amour, comme le dit la suite du passage de Corinthiens. Ce n’est pas dans une quête d’autonomie ou dans le désir de se distinguer que ces choses se recherchent mais exactement l’inverse. Les intentions doivent donc être éprouvées car bien trop souvent gangrenées par les questions de rivalité, la course au charisme le plus prisé, ou bien alors amoindrie par la paresse, le désir d’être tranquille et de vivre discrètement sa piété personnelle. Se livrer pour être participant du corps constitue une perte d’autonomie que nous n’aimons guère. Tous ne peuvent avoir la même fonction sans quoi le corps ne serait pas un corps. Le corps est affaibli si chacun cherche la même chose tandis que Dieu veut donner tout ce qui est nécessaire à l’accroissement. C’est ainsi que les croyants qui acceptent cette réalité en profondeur sont naturellement conduits dans une dépendance mutuelle car il a plu à Dieu que nul ne soit suffisant afin de maintenir ainsi le lien fraternel. Il convient également de ne pas oublier la réalité de l’Eglise universelle et ne pas forcément circonscrire ces principes à l’Eglise locale. Il est bien possible que certaines carences se trouvent encore chez nous afin de nous garder de la suffisance et comprendre que nous avons besoin des autres également en tant que mission.

Sans fausse humilité

L’exhortation de chercher les dons les meilleurs nous garde de la tentation du moindre. Elle dénonce les « fausses humilités » pour nous diriger uniquement vers ce que Dieu veut nous donner pour la nécessité du ministère et pour le corps. Etre en vue, voire admiré par les hommes est un danger mais pas un péché. Dieu peut avoir un attachement à l’instrument par lequel il agit et se glorifier par lui mais cela le regarde. Le problème est de s’appuyer davantage sur l’instrument que sur celui qui l’utilise. L’instrument n’a de valeur uniquement lorsque le maître s’en sert et agit par lui. Lorsque Dieu se glorifie, il glorifie aussi son instrument à l’image de son Fils qu’il a glorifié mais au travers de l’humiliation. Nous ne sommes pas obligés de refuser tout honneur dans la mesure où l’on rend gloire à Dieu, c’est cela la reconnaissance. En effet, comment exercer un ministère sans en être conscient, et comment reconnaître l’Esprit qui agit si les hommes ne nous en informent pas ? Si l’Eglise ne reconnaît pas un ministère que Dieu a pourtant donné, elle s’ampute alors d’un membre que Dieu utilisera ailleurs ; c’est un mépris de la grâce, elle court alors le risque de s’opposer au Saint-Esprit.

Pour le Seigneur et pour L’Eglise

Le Saint-Esprit exalte celui qui l’envoie. Utiliser les dons de l’Esprit à d’autres fins est une perversion grave. C’est pourquoi le péché contre l’Esprit Saint est le seul à ne pas être pardonné car il touche à la chose la plus sainte, c’est un immense danger qui engendre sectes et faux prophètes. Les dons n’ont pas pour but notre avancement personnel, ils sont dispensés pour servir Dieu et assister les croyants dans leur développement. Contrairement à ce qu’imaginent la plupart, le miracle n’est pas la plus grande preuve de puissance, mais d’après ce que nous dit Paul, c’est la patience et la persévérance, tels sont les fruits ultimes à rechercher. Lorsque la révolte vient couronner la déception, c’est que nous vivons la recherche de charisme par rapport à nous- mêmes, comme une convoitise et non vis-à-vis des besoins du corps et du Seigneur. Tout ministère s’exerce dans la douceur et n’a rien à voir avec la violence des hommes hargneux et ambitieux. L’homme est un instrument, Dieu l’utilise s’il le veut. Au départ un instrument est neutre et donc susceptible d’être sous diverses influences et d’être employé à de multiples fins. C’est pourquoi il est nécessaire de se purifier sans oublier que c’est l’Esprit Saint qui sanctifie. Il n’est pas nécessaire de s’analyser en permanence pour distinguer le naturel du surnaturel. Dans la mesure où je suis dépendant, c’est une question de foi, ce tri ne m’appartient pas. L’Esprit accorde le don, la capacité pour l’exercer, et le fruit qui en découle et c’est aussi lui qui sanctifie : alors l’âme est en repos et l’être entier peut se consacrer dans une pleine liberté. C’est le privilège que nous sommes tous appelés à connaître si nous nous livrons au Seigneur comme instruments, sans peur ni ambition mais pour la gloire de Dieu et le bien de son Eglise.
Fraternellement, Daniel et Jérémie

précédant haut suivant

|
search