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De la gloire divine et de l'unité

Publié le jeudi 10 novembre 2011

La prière sacerdotale, prière adressée par le Seigneur Jésus à son Père exprime parfaitement le sens de son œuvre pour nous. Le fils de Dieu nous représente et intercède en faveur de ceux qui lui sont confiés, inaugurant en quelque sorte son nouveau ministère qu’il exerce encore aujourd’hui pour nous dans le ciel. Ces paroles témoignent de la volonté du Père : l’unité de ceux qui croient, de son peuple, appelé à être uni dans son amour pour en devenir l’expression visible sur la terre.

Beaucoup de croyants ont des idées sur ce que doit être l’unité. Cette unité prend souvent sa source dans l’homme, suivant un amour qui se transforme en haine lorsqu’il n’est pas servi. Il faut bien le reconnaître, toutes les entreprises humaines visant à l’unité n’engendrent que déchirements, égarements et confusions. Il en est ainsi lorsque les choses se fondent sur la volonté de l’homme, qui a oublié que ses sens et sa nature profonde sont corrompues.

La Parole de Dieu, et particulièrement l’évangile de Jean, nous enseigne un seul modèle d’unité : celui de l’unité du Père et du Fils, communion parfaite qui revêt plusieurs aspects. Nous nous arrêterons sur l’un d’entre eux : « Je leur ai donné la gloire que tu m’a donnée afin qu’ils soient un » (Jean 17 : 22)

Il existe comme une sorte d’échange réciproque de gloire entre le Fils et le Père, selon ce que Jésus exprime :

« tout ce qui est à moi est à toi et tout ce qui est à toi est à moi ». (v10) Le Père donne au Fils la gloire et le Fils œuvre et rend gloire à son Père.

L’unité des enfants de Dieu ne peut donc être fondée sur une recherche de gloire humaine, qu’elle soit collective ou personnelle. Une gloire humaine ne peut qu’être tournée vers l’homme qui en est le centre, soit l’inverse de ce qu’a vécu le Fils, uniquement tourné vers son Père, lequel communique à son Fils la gloire. Il n’est de gloire qui ne soit de Dieu. Toute autre gloire est une imposture injuste et une idolâtrie. Le Fils lui-même ne s’est accaparé aucune gloire, il l’a rendue au Père, il savait qu’il ne pouvait donner au Père ou lui rendre que ce qu’il avait reçu de Lui. La gloire est le « poids » divin, la puissance divine dans toute sa beauté sa splendeur, son immensité. Les cieux racontent la gloire de Dieu et n’en sont qu’un langage, la création n’en est qu’un aspect ! Il est très difficile de définir la gloire de Dieu, mais c’est tout Dieu. Lui seul est glorieux et Il communique sa gloire à qui Il veut et à qui Il veut se révéler. Il l’a communiquée au Fils et c’est le Fils qui communique la gloire du Père et qui nous conduit à le glorifier.

L’homme qui recherche sa propre gloire ne peut croire : « Comment pouvez-vous croire, vous qui tirez votre gloire les uns des autres et qui ne cherchez pas la gloire qui vient de Dieu seul ».(Jean 5 : 45) Nous cherchons bien souvent l’origine de notre incrédulité et peut-être aussi de nos déceptions. Elle se trouve sans aucun doute dans la motivation de nos demandes. En priant, nous caressons l’espoir de trouver dans nos expériences quelque assurance, non pour connaître la sagesse mais plutôt pour recevoir une faveur qui nous distinguerait parmi les hommes. Le vecteur est inversé, telle est l’imposture du monde religieux qui cherche à s’accaparer la puissance de Dieu à ses propres fins. On y parle de gloire de Dieu mais il faut entendre « notre gloire ». Cette fausseté a pour résultat une grande incrédulité, car Dieu n’exauce pas des prières dont la fin n’est que l’homme.

Le désir d’élévation est ce qui ferme la bouche pour la confession de la foi, dès que se profile déshonneur, désapprobation ou solitude. Les pharisiens ne faisaient pas l’aveu de ce qu’ils croyaient, non par manque de conviction, mais parce qu’ils ont aimé la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. La difficulté à confesser le nom du Seigneur provient bien de la recherche de gloire humaine. Taire ce qui pourrait nous attirer l’opprobre, éviter que toute conviction paraisse de peur d’être méprisé. Il est de mise aujourd’hui d’avoir des doutes, mais surtout pas d’exprimer sa foi.

Pourtant l’unité que le Seigneur crée parmi les enfants de Dieu ne peut être vécue que par la foi, foi qui repose sur autre chose que l’homme et ses capacités. Pour connaître l’unité des enfants de Dieu il est donc indispensable de croire à la puissance divine qui crée l’amour dans le cœur de celui qui n’aime pas naturellement, croire en Christ et en son amour pour expérimenter l’unité que Dieu veut pour ses enfants. L’autre aspect indispensable à l’unité c’est la vérité. Amour et vérité sont deux réalités qui s’embrassent dans la Parole de Dieu. La vérité sans amour est une vérité légaliste qui blesse et juge, mais l’amour sans vérité devient une hypocrisie, une mascarade ou une émotion passagère qui n’est pas l’agape de Dieu. Le Seigneur proclame la Parole qui est la vérité, dans l’amour. L’agape n’a rien de commun avec les passions, il ne repose pas sur des affinités ou des intérêts humains, il se manifeste et s’exprime dans le cœur soumis au Saint-Esprit.

Recevoir la vérité et dire la vérité signifient au préalable renoncer à rechercher sa propre gloire. C’est-à-dire être entièrement couvert par Celui qui est Le Véritable, car la vérité n’est pas en nous et Jésus dit :

« celui qui ne cherche pas sa propre gloire mais qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui là est vrai et il n’y a pas de mensonge en lui ».

Comment être certains que ce que nous demandons est bien pour la gloire de Dieu et non pour la nôtre ? Est-il possible de sortir du mensonge de ses propres sentiments, de ses pensées et raisonnements ? Il n’est pas de vérité dans ma recherche personnelle, il n’est pas de vérité dans mon propre raisonnement :

« Que Dieu soit reconnu pour vrai et tout homme pour menteur », nous dit la Parole. (Romains 3 :4)

Dans le cœur de l’homme se mélangent tant de choses : sentiments, intentions, raisonnements contradictoires et dialectiques qui s’entrechoquent pour finalement ne laisser qu’ambigüité et confusion. Mais que Dieu soit reconnu pour vrai ! Nous sommes dans le Véritable en Jésus-Christ, ce qui n’est pas en nous est en Lui et nous le puisons dans sa personne. Tout ce qu’Il dit est vrai parce qu’Il ne recherche pas sa propre gloire mais la gloire de Celui qui l’a envoyé.

Nous sommes transformés à son image en le contemplant Lui, en nous attachant à Lui, Le vrai. En lui, le « non » n’existe pas et il n’y a que « oui » comme le dit l’apôtre Paul. Le « oui » ne peut être prononcé par nous qu’en Christ et pour sa gloire. C’est là que réside toute la force de l’amen quand nous prions et disons « qu’il en soit ainsi ». « Celui qui est vrai c’est celui qui ne cherche plus sa propre gloire mais la gloire de Celui qui l’a envoyé » (Jean 7 :18), « Ne faites rien par rivalité ou par vaine gloire ». (Philippiens 2 : 3)

Toute gloire humaine est une fausse gloire et une imposture car Dieu seul est digne d’être glorifié. Dans le monde protestant, il est de bon ton de clamer, non sans une certaine fierté, « Soli Deo gloria ». Le ton ostentatoire de la belle formule montre avec évidence que celui qui le dit s’accapare volontiers la gloire qui ne lui appartient pas pour s’attacher à un slogan hypocrite. En l’occurrence, la formule a permis de récupérer insidieusement la gloire de nos efforts et de nos œuvres, celles que nous avons voulu faire à tout prix alors que Dieu a dit qu’il les ferait… On a refusé le désespoir humain qui conduit à ne placer sa confiance qu’en Dieu, de qui, par qui et pour qui sont toutes choses.

Bien que nous le sachions, il est bien difficile d’accepter d’être ces « choses viles, faibles et misérables du monde », que Dieu a choisies « pour confondre les fortes afin que nulle chair ne se glorifie ». Belle vérité lorsqu’il s’agit des autres, mais lorsque le misérable c’est nous…

David s’est retrouvé méprisé par sa femme lorsqu’il dansait devant l’arche. Loin d’attirer les regards sur la beauté de son physique, il a subi le mépris et le déshonneur. Mais voici ce qu’il dit : « c’est devant l’Eternel que j’ai joué (…) Je veux paraître encore plus méprsiable que cela et m’abaisser à mes propres yeux » (Samuel 6 : 22) . Etre méprisé et calomnié surtout par ceux pour lesquels on éprouve un amour ardent est certainement l’une des pires douleurs : « savoir être mal jugé, endurer l’injure même, du monde être méprisé » disait un vieux chant évangélique.

Lorsque vient l’heure du mépris et que nous nous sentons indignes d’être appréciés et aimés, indignes de porter le beau nom d’enfant de Dieu, sachons que ce beau nom nous est attribué par grâce, à cause de l’amour du Seigneur.

Au moment où nous perdons toute gloire humaine, nous n’avons « plus que le Seigneur », comme on l’exprime parfois spontanément dans la détresse. Ne voir que Jésus seul, ce qu’Etienne a vécu quand il vit la gloire du Fils alors qu’il était sous les pierres et qu’il endurait l’injure des hommes et leur jugement parce que la foule criait contre lui et le lapidait. Il vit Jésus seul. La révélation de la gloire du Fils, voilà ce qui lui restait.

C’est ici la seule gloire qui peut être fondement de notre unité. L’échec de la croix, instant hideux pour l’homme, est un instant de gloire pour Dieu, Jésus l’ayant décrit par avance comme le moment où le fils de l’homme devait être glorifié. (Jean 12) La croix a reçu une confirmation glorieuse par la résurrection et l’ascension du Fils dans le ciel, dans lequel nous sommes inclus autrement que par le rituel du baptême des enfants.

Nous sommes morts avec lui et ressuscités avec lui. Ce n’est pas un rituel, mais une réalité. La chair a été jugée, ainsi que le Lucifer, astre brillant et glorieux mais qui est ténèbres et mort. Le Fils de Dieu est ressuscité d’entre les morts et s’est assis à la droite de son Père dans la gloire, par un mystère qui doit nous être révélé, à nous qui sommes en Lui sur ce trône de gloire.

L’apôtre Paul priait : « qu’Il illumine les yeux de votre cœur afin que vous compreniez l’espérance qui s’attache à son appel » (Ephésiens 1 : 18). Que nos cœurs puissent voir enfin la gloire du Fils afin que nous soyons transformés à son image et non plus à l’image du bon pasteur, du bon prédicateur, ou de ce que nous aurions aimé être dans l’Eglise. Son image c’est la révélation de la gloire du Fils par le Saint-Esprit, Christ vivant et ressuscité dans le ciel, Lui, l’amour même et la source de tout amour.

Alors, ayant la même image, la même connaissance - celle du Fils glorifié et dégagé de tout contour humain mais qui est gloire, lumière, puissance, amour, joie, paix - nos cœurs s’en trouveront transformés et la communion spirituelle véritable jaillira.

« Je leur ai donné la gloire que tu m’a donné afin qu’ils soient un », voici tout l’amour de Dieu le Père et de son Fils. Les gloires humaines divisent mais la révélation de la gloire de Dieu unit ceux qui la reçoivent. Je ne cherche plus la gloire, je la reçois de Celui qui seul est glorieux et qui la donne. C’est un mystère incompréhensible mais révélé à ceux qui croient et ne cherchent plus la gloire des hommes.

Les gloires humaines s’acquièrent au travers de beaucoup d’efforts et de luttes acharnées, elles sont empreintes de rivalité et jalousie. Pour les obtenir, certains sont prêts à marcher sur les tombes, à écraser ceux qui encombrent leur marche, c’est la lutte pour l’existence terrestre (struggle for life…). Mais la gloire qui vient de Dieu, dont l’éclat est sans commune mesure avec celles des hommes, se reçoit simplement parce que le Fils la donne. La gloire de Dieu ne s’acquiert pas, elle ne se fabrique pas, elle se reçoit. Ce que nous faisons pour le glorifier ne fait que diviser, ce que nous fabriquons pour nous unir ne fait que nous déchirer, mais nous sommes unis dans ce que nous recevons par grâce, gratuitement et avec reconnaissance : la gloire qui vient de Dieu seul. « Si tu connaissais le don de Dieu » disait Jésus à la femme samaritaine.

Saisissons donc par la foi ce que le Fils nous donne et nous trouverons l’unité comme un fruit de l’Esprit. Que son peuple retourne à ce fondement, et son témoignage sera vivant.

Daniel & Jérémie

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