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Adorer en esprit et en vérité

Publié le mardi 19 mai 2009

La lecture suivie de Jean 4 qui nous rapporte l’échange entre Jésus et la Samaritaine nous a conduits à nous pencher sur la question de l’adoration.

L'amour de la vérité

En s’adressant à une femme Samaritaine, Jésus renverse des siècles de tabous: une personne à qui un juif n’adresse pas la Parole et qui plus est, une femme qui, selon la coutume juive, ne mérite pas d’être enseignée aura le privilège de recevoir un enseignement qu’aucun juif n’aura entendu auparavant. Ce que Jésus lui révélera fera suite à ce premier échange où quelques mots ont suffi pour dévoiler toute sa vie. Après avoir connu et reçu humblement la vérité sur elle-même, cette femme connaîtra la vérité sur Dieu et la manière de l’adorer. L’acceptation de la vérité, celle nous concernant, est déterminante pour comprendre ce qui concerne Dieu. Seul l’amour de la vérité préserve des chimères religieuses et permet d’entendre l’enseignement divin.

Certes, plus nous aurons de révélation, et mieux nous pourrons le louer, mais en la matière, la Samaritaine n'a pas eu de grande extase sinon cette parole de vérité qui la dévoile. Reconnaissant en Jésus le prophète, elle veut adorer. Avec le peu que nous avons reçu et compris, nous pouvons déjà confesser le nom du Seigneur et cette obéissance nous conduira peut être à plus de révélation. Dans cette confrontation, il n'est pas question d'appréciation personnelle sur ce qui est entendu mais de savoir reconnaître la voix du bon berger, recevoir la vérité. Puisque la vérité n'est pas en lui, qu'il existe tant de voix discordantes autour de lui et en lui même, l'homme a besoin d'un sauveur, d'une Parole d'autorité.

Les idoles sont le fruit de la prétention des hommes qui croient comprendre ce qui est bien. Aimant plus leur certitudes religieuses que la vérité, refusant toute remise en question, ils ont décrété eux-mêmes ce qui plaisait à Dieu. La connaissance spirituelle se réduit aujourd'hui à une sorte d'attachement au symbole, suivre Jésus sur les traces de son calvaire dans un cycle liturgique voire scénique qui frise le ridicule. A croire que les croyants ont oublié que Jésus vit ! Christ vivant à la droite du Père, lui en nous et nous en lui, n'est-ce pas plus édifiant que de se focaliser sur une croix en bois ?

Uni avec ceux qui le voient déjà face à face, nous pouvons le louer. Nous affranchissant des limites de notre raison, nous dégageant de l'imagerie religieuse, la véritable foi ouvre les yeux du coeur. Adorer ce que l'on voit, c'est de l'idolâtrie, mais adorer ce qui est invisible est bien plus grand.

La confession de la foi

Celui qui ne confesse pas sa foi, qui refuse de s’adresser à Dieu, c’est l’impie nous dit la Parole. Il préfère conserver en lui ses paroles comme pour nourrir sa rébellion plutôt que de supplier.

Même le croyant s'exprime parfois avec peine. Lorsque l'émotion n'est pas là, l'âme se tait. Si elle n'est pas stimulée par l'ambiance, la musique ou l'extase, l'adoration devient une litanie bien morne, des séries de mots pieux que l'on répète de générations en générations. C'est à cette hypocrisie que l'Eglise instituée s'est souvent résignée et les mouvements même les plus réveillés en sont toujours menacés. L'homme préfère croire les mythes, se réfugier derrière les mots religieux qui bercent, plutôt que d'être éveillé. La léthargie du sommeil est si douce dans son oubli… Je peux faire beaucoup de choses sans le sceau de Dieu et n'être qu'une pierre morte au sein d'un édifice vivant. L'Eglise est vivante, la vie de l'Esprit est joie, paix, amour et l'adoration est l'expression ultime de la vie chrétienne, le but du salut.

Lorsqu'il s'agit d'adorer, notre foi semble souvent théorique et sans réalité, les obstacles humains sont réels. De quelle manière adorer ? Jésus n'a pas répondu que tout se vaut, mais plutôt qu'aucun lieu ne vaut plus qu'un autre, aucune manière particulière n'est enseignée sinon que d'adorer en esprit et en vérité.

Entre la foi du coeur prônée par les uns pour justifier leur timidité et les manifestations exubérantes de ceux qui parlent d'adoration, la tension est encore au rendez-vous. Au moment de la louange, l'un est mal disposé et juge celui qui s'exalte, tandis que l'autre s'irrite devant autant d'impudeur… Au sein même du couple se trouve ce genre de distorsion, c'est le conflit perpétuel de tout ceux qui veulent s'accorder pour prier Dieu.

Le syndrome maniaco-dépressif religieux, expression de la vie de la chair se manifeste aussi dans ce domaine. Emoustillé par des projets ou de bons résultats, le chrétien n'aura aucune peine à louer et adorer son Dieu. Mais il lui sera bien plus difficile de s'unir à ses frères pour dire d'une voix unanime ; « béni soit le Seigneur chaque jour ».

Un culte unanime

N’oublions pas que nos cultes sont pour le Seigneur et non pour nous-mêmes. Ses bénédictions et son action dans l’Eglise sont des grâces accordées pour que d’un commun accord et d’une seule voix nous glorifions le Père. La beauté d’une chorale, c’est l’unité des voix qui se fondent pour former un choeur harmonieux. De même, inspirés par la grâce, et unis dans la reconnaissance, les fidèles font monter leurs cantiques vers le Seigneur.

Si nous cherchons à être nourris de la Parole, c'est pour mieux connaître Dieu et le glorifier. Chercher à s'engraisser pour soi est une vision mesquine de l'Eglise qui pervertit le sens de sa vocation, de même que chercher l'unité n'est pas non plus une volonté d'être au diapason des slogans actuels. Il ne s'agit pas d'inverser le vecteur : nous ne venons pas à l'Eglise pour chercher des sensations agréables et selon nos désirs, mais pour chercher ce qui plaît à Dieu et lui rendre un culte qui lui soit agréable. Même si nous ne sommes pas suffisamment nourris, on ne prive pas Dieu du culte qui lui est du. Il faut reconnaître que notre génération a une forte propension à revendiquer ses droit tout en perdant conscience de ses devoirs. Le seul devoir qu'il nous reste serait celui d'être heureux ! C'est ainsi que beaucoup de chrétiens utilisent les bénédictions divines en les détournant de leur sens. Ils se retrouvent surpris et révoltés dès que Dieu ne répond plus à leurs attentes, ils ont oublié qu'ils devaient se préoccuper de plaire à Dieu avant toutes choses.

Ce qui lui plaît, c'est que nous le glorifiions d'une seule voix. Adorer n'est pas davantage pour les psychiques que pour les cérébraux. Ceux qui cherchent des émotions ne trouvent pas Dieu mais… des émotions ! D'autres s'attachent à la dialectique, la qualité du discours mais tout cela est humain, vide de révélation. Il ne s'agit pas de vivre notre piété selon nos pensées mais d'être une Eglise vraie, debout, qui confesse le nom du Seigneur car le Dieu de l'Evangile qui est la Parole, appelle l'homme à la parole. Oui Dieu tire sa gloire de ce qu'il y a dans le coeur mais ces réalités doivent s'exprimer. Que penserions-nous d'un amour qui ne s'exprimerait jamais ? On serait en droit de douter de sa sincérité.

Plus la communion est réelle et inspirée par la grâce et plus l'expression de la foi est visible. Le culte signifie confesser sa joie mais aussi sa peine. Dieu aime le coeur brisé de celui qui répand son âme et manifeste sa confiance. C'est un sacrifice saint. Anne s'adressait à Dieu ainsi. Nous nous imaginons qu'il faut être vainqueur mais Dieu regarde celui qui a le coeur brisé et qui n'aurait pourtant qu'un droit : celui de se taire - persuadé parfois à juste titre que c'est ce que tout le monde attend de lui - mais s'il ouvre sa bouche, Dieu recevra sa prière.

Comment faire pour éprouver la certitude lorsqu'elle n'est plus là ? Lorsque les vérités du passé sont moins évidentes aujourd'hui ? Que puis-je faire lorsque la dépression envahit mon coeur et mon corps ? Je peux toujours essayer de me faire « mousser », mais Dieu qui connaît tout sait qu'il n'y a rien. A l'inverse, je peux penser que j'ai tout perdu mais Dieu sait qu'il y a tout. Adorer le Seigneur et ouvrir la bouche est mettre le Seigneur au-dessus de mes émotions, donner raison à la Parole, rendre témoignage devant les hommes et les puissances invisibles de la vérité de Dieu qui subsiste éternellement et la réalité de son amour manifesté en Jésus-Christ.

La religion du coeur n'a pas pour origine l'homme ni pour fin la satisfaction de la chair car tout cela est inutile et condamné. Tout ce que nous faisons par la chair n'a aucun impact sur le monde spirituel de Dieu. Le véritable culte est celui qui sera rendu par tous ceux qui, souffrant ou guéris mettent leur espoir en Christ. Nous avons par la foi l'espérance dans nos coeurs, assurance qui ne dépend pas des circonstances ou de notre état. La puissance est dans le Seigneur et non pas dans la louange, de même que le rituel n'a pas de force en lui-même et n'apporte rien, sinon qu'il est confession de ce que j'ai en Christ et qui est glorieux.

Ce que nous confessons

Rappelons-nous donc ceci : Le Fils est venu sur la terre pour sauver et conduire les hommes à son Père, les unir dans cette adoration aux anges et à la multitude de ceux qui ont déjà cru. Les hommes de l’ancienne alliance vivaient les ombres des choses à venir, sauvés en Christ par avance. Mais maintenant l’heure est venue où le croyant peut devenir un véritable adorateur et remplir pleinement la vocation dont le péché l’avait détourné. Il a le privilège d’avoir accès au sanctuaire de Dieu par la foi et de s’adresser à lui. Le culte est la vocation première du croyant, elle sera l’activité céleste exclusive, et nous adorons déjà, éveillés par l’esprit car nos coeurs sont devenus temples.

L'adoration est le plus haut niveau de l'amour, mais le langage courant en a galvaudé le sens. On adore le fromage comme on adore Dieu au travers des images. Dans l'ancien testament, les objets servaient de support au culte mais ils étaient des ombres seulement. Jésus répond à la Samaritaine : « nous le savons ». Les juifs savaient qu'ils annonçaient quelque chose de plus grand. Il s'agit donc de savoir qui nous adorons car il est vrai que ce culte nouveau par l'esprit nous est souvent voilé. Le paradoxe est qu'ayant pourtant reçu l'Esprit Saint et la révélation de l'oeuvre de Christ, les chrétiens ont souvent moins de respect, de vie spirituelle personnelle comme si la révélation de la grâce les avait dispensés d'honorer Dieu avec crainte et piété. La légèreté est devenue l'alternative de la religiosité (quand elles ne fonctionnent pas en tandem) mais la recherche de véritable connaissance du Seigneur n'intéresse plus grand monde. Pourtant, sans avoir la révélation de la nouvelle alliance, les juifs étaient appelés à connaître et comprendre ce qu'ils adoraient.

Les ombres ne sont pas la réalité, elles en montrent juste le chemin. Il faut bien venir à Jésus pour avoir la vie. Malheureusement l'existence a souvent plus de poids à nos yeux que la vie et c'est pour cela que Christ est venu nous arracher au péché et nous transporter dans son royaume. Seul l'Esprit de Dieu peut nous amener à la connaissance de Dieu.

Nous avons besoin de cet amour qui embrasse toute la vie, transporte en allégresse. Que dit l'assemblée des premiers nés et les anges ? « Tu es digne Seigneur de recevoir l'honneur », alors qu'ils le voient face à face, une adoration spontanée remplit leur âme.

Les cantiques spirituels contribuent à renouveler la vision car leur message nous parle de l'invisible. Chanter de tout son coeur, c'est obéir au commandement de Dieu de le confesser, « Si tu crois dans ton coeur et si tu confesses de ta bouche ». En réponse à cette confession, les réalités invisibles sont révélées car l'esprit de Dieu agit dans la communion de ceux qui s'unissent pour le louer. Se laissant entraîner dans cet élan en se détournant d'eux même, les croyants expérimentent le renouvellement promis lorsque le voile se déchire. Et dans la communion des Saints, les âmes s'élèvent vers le trône de gloire pour célébrer la majesté divine. Même celui dont la voix déraille au point d'être contraint au silence peut s'unir avec ceux qui chantent et expérimenter qu'il existe quelque chose de meilleur que le plaisir de bien chanter !

Ce que Dieu veut pour nous est bien plus grand que ce que nous vivons, même si le travail effectué est déjà magnifique. Il veut que sa gloire et sa puissance de vie sauvent les âmes par le témoignage de son Eglise.

Que Dieu nous renouvelle dans cette révélation de sa gloire et que nos coeurs s'exercent à exalter le Tout-puissant.

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