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« Ne me touche pas ! »

Publié le lundi 14 mai 2012

La résurrection de Christ est souvent réduite à un fait historique dont beaucoup de croyants ne mesurent pas la portée. Un jeune chrétien disait : « Je sais qu’il est ressuscité, mais je ne vois pas à quoi cela me sert… » Il est vrai que l’oeuvre de Christ à la croix est décrite souvent comme le lieu d’agonie où Dieu souffre pour les hommes, au mieux on évoque l’expiation des péchés par le sacrifice mais bien peu perçoivent les implications qui constituent pourtant le fondement de la foi. Christ est ressuscité. S’il ne l’était pas, notre foi serait vaine comme le dit bien l’apôtre Paul aux Corinthiens. L’omniprésence des croix que l’on arbore avec ostentation dans les édifices religieux montre à quel point la religion fait peu état de la résurrection et de ses conséquences. Or, par définition, il n’y a pas de vie dans la mort, et la mort de Jésus n’a pas de valeur sans la résurrection.

A l’heure du doute, de l’échec et du découragement, lorsqu’il s’agit de faire face à la force du péché qui nous tenaille encore, il est indispensable de pouvoir fonder sa foi sur un socle solide, autre que notre expérience sensible : le triomphe du Fils ressuscité d’entre les morts. Croyant ce fait, nous pouvons croire pour le reste.

Après la mort de Jésus, les disciples rentrent chez eux comme on quitte un enterrement. Il ne leur reste plus qu’à vivre tant bien que mal, supporter le deuil en espérant sortir du désespoir. Seules les femmes reviennent au tombeau. En voyant Jésus devant elle, Marie-Madeleine alors éprouve une grande joie : « Rabouni ! », ce qui signifie maître, expression qui manifeste là tout son attachement et sa dévotion. Jésus lui répond : « ne me touche pas, je ne suis pas encore monté vers mon Père ».

L’attachement de Marie-Madeleine était charnel certes, certains psychologues incrédules y verront la preuve d’une liaison passionnelle qui n’a évidemment rien de biblique. Marie-Madeleine avait déjà manifesté son amour après avoir été pardonnée de sa mauvaise vie. Ignorant le mépris des proches de Jésus, elle s’était jetée à ses pieds en versant des larmes et du parfum qu’elle essuiera ensuite avec ses cheveux. Etant au bénéfice du pardon, elle aimera donc en proportion selon que Jésus enseignera à cette occasion aux pharisiens. Rien d’étonnant que ce soit elle qui se tienne là, la première au tombeau.

On aurait pu penser que Jésus, très spirituel, méprise cet attachement. Pourtant et de manière surprenante, ce sont ces femmes que Jésus va d’abord convaincre en leur confiant la mission de propager la formidable nouvelle de sa résurrection aux disciples. Marthe et Marie se sont aussi réjouies de la résurrection de Lazare, ce que nous aurions tous fait en pareil cas. Qui n’a pas connu cette émotion en croyant voir apparaître l’espace d’un instant un proche décédé dans une circonstance ou dans un rêve ? La sensation est parfois si forte qu’on croit retrouver quelques instants la chaleur et l’amour de ceux qui ont été arrachés à notre affection. C’est l’état de ces femmes. Elles aiment Jésus de cette manière, elles se réjouissent d’une prolongation de vie, de pouvoir encore le toucher, le servir. Elles ne comprenaient pas la portée de la résurrection.

Pourtant, Jésus n’est pas ressuscité pour un supplément de vie qui aurait seulement repoussé la mort, comme Lazare. Il devait monter auprès de son Père, être transfiguré. N’étant pas encore parvenu au moment ultime de sa glorification, il n’accepte pas la dévotion et l’adoration. De même lorsqu’un homme s’étant adressé à lui l’a appelé « bon maître », il lui répond : « il n’y a de bon que Dieu seul ». Aucune vénération ne revient à la personne charnelle, et bien que Jésus soit Dieu, il prévient de toute confusion, du risque de diviniser la chair.

En se contentant de décrire un Jésus charnel, beaucoup de croyants aujourd’hui le réduisent à un exemple moral, ne se préoccupant que de l’implication terrestre du chrétien. C’est ce que retient également toute une frange de chrétienté pour qui le sommet de la vie spirituelle est le contact avec l’Ostie : enfin sentir la présence concrète du divin ! C’est ce qu’ils font en s’obstinant à manger le « corps de Christ », y voyant là le summum de la piété. Tout cela n’est qu’attachement à la chair conduisant à l’idolâtrie. L’homme naturel et religieux ne comprend pas ces paroles : « la chair ne sert de rien, ces paroles que je vous dis sont esprit et vie. ». C’est pourquoi toutes les Ecritures dénoncent avec force le péché d’idolâtrie.

Franck Lestringuant résume en une belle phrase la position des réformés face aux catholiques qui reprochent cette absence de contact charnel avec un Dieu qui serait trop lointain :

« Est-il si étrange de rester attaché au Vide, les anciens hébreux n’ont-ils pas appris à adorer la présence de l’invisible, de l’irreprésentable, dans le vide au centre du temple, de ce qui a été longtemps le souvenir d’une voix par un autre entendue dans la mémoire d’un peuple de génération en génération gardée ? »

La résurrection n’est pas une résurrection de chair provisoire et passagère, de même que son incarnation n’était pas pour produire un attachement à sa personne charnelle, un besoin « tactile » de proximité. Au jour l’ascension, Christ montera au ciel où il devait siéger à la droite de son Père et c’est dans ce lieu que nos âmes l’adorent jusqu’à ce que nous soyons changés nous aussi à sa suite en corps spirituel pour l’adorer dans l’éternité.

C’est pourquoi le crédo maintient une ambiguïté qu’il s’agit de dénoncer : non ! Nous ne croyons pas à la résurrection de la chair, mais à la résurrection des corps selon l’expression biblique pourtant claire. La chair et le sang n’hériteront pas le royaume. Cette ambiguïté révèle que l’on s’attache viscéralement à ce qui est charnel et que la vision spirituelle des choses nous échappe. Il est vrai qu’on ne peut vraiment comprendre ce que signifie l’éclat d’un corps spirituel. C’est pourquoi il est courant de voir des croyants se réjouir à l’idée de retrouver leur papa et leur maman ou leurs enfants dans le ciel … ils ont oublié que nos corps seront transformés et que l’objet de l’espérance est bien autre chose que la joie de retrouver les siens. Voilà pourquoi Jésus s’adresse ainsi à ce moment précis à Marie-Madeleine : l’essentiel de la résurrection n’avait pas encore eu lieu.

« Ne me touche pas ! » est un ordre qui nous conduit à une révélation bien plus grande ! Tout ce qui est tourné vers l’homme n’est qu’idolâtrie. Le chrétien adore en esprit et en vérité, les choses spirituelles se saisissent par la foi et elles vivent en nous par l’Esprit, c’est celui qui croit qui vivra ! Ne cherchons pas parmi les morts celui qui est vivant. Tout ce qui s’attache la chair n’est qu’existence passagère et mort, mais la résurrection de Christ manifeste la puissance de vie impérissable, c’est elle que nous devons recevoir et qui réjouit nos coeurs. Si Jésus s’est fait homme, ce n’est pas pour rester en chair. Il a ainsi récapitulé notre humanité, souffert afin de compatir à nos faiblesses, il est mort pour expier nos fautes, mais toutes ces choses sont en vue de la gloire éternelle à laquelle il veut conduire beaucoup de fils.

La puissance de vie est appelée à triompher de la chair, c’est une nouvelle loi que nous recevons par l’Esprit. De même que la loi de l’esprit de vie a ressuscité Jésus-Christ d’entre les morts, de même cette loi rendra la vie à nos corps mortels. Comment goûter à cette puissance si nous nous restons attachés à un Jésus selon la chair ? Nous pouvons connaître toutes les humiliations possibles, verser toutes les larmes de notre corps, faire autant de signes de croix ou de génuflexions que nous voulons… si nous ne comprenons pas cette foi là, il n’y a pas de vie pour nous, car « en marchant selon la chair, nous allons mourir ». Les rituels sont charnels mais la résurrection de Christ nous amène à saisir cette puissance de vie éternelle bien plus grande que l’émotion passagère idolâtre.

Sans dédain, il nous exhorte

Jésus n’a pas dédaigné cet élan de Marie qui ne voyait que les choses d’en bas mais il l’a exhortée. De même, il nous faut parfois beaucoup de temps pour comprendre ces réalités. C’est avec amour et douceur que le Seigneur nous invite à lever les regards plus haut, il ne méprise pas notre ignorance et notre manque de révélation.

Si ces réalités nous sont encore voilées, ne désespérons pas, acceptons notre manque de connaissance pour nous laisser éclairer sur ce que la chair ne peut comprendre, laissons-nous conduire comme des enfants par les paroles de Jésus. Les disciples ont bien été témoins de choses glorieuses, mais ils douteront jusqu’à ce que l’Esprit leur soit donné. Comme nous, ils vont manquer de compréhension et de révélation, mais ils resteront fidèles. C’est avec peine que nous progressons dans cette connaissance et notre lenteur à comprendre est parfois décourageante, mais Paul priait pour lui-même dans ce but afin de le connaître, lui et sa puissance de résurrection. Malgré toute la révélation reçue, il était bien conscient qu’il ne le saisissait pas non plus pleinement.

En attendant, l’amour du Seigneur vis-à-vis de ces femmes est également un réconfort pour nous. Dieu ne veut pas que nous en restions là en nous contentant d’une religion charnelle, mais il nous conduit à regarder plus haut pour saisir la plénitude de ce qu’il est. Si nous acceptons de nous détourner de toute complaisance dans la chair pour nous tourner vers lui, il nous révélera de plus en plus la valeur de la résurrection et la puissance qui y est attachée. Alors notre foi en lui deviendra inébranlable et, tandis que notre corps vieillira, notre vie intérieure se renouvellera de jour en jour, nous serons plus que vainqueurs par celui qui nous fortifie.

Dieu n’use de sévérité qu’envers ceux qui méprisent et se glorifient de leur connaissance. Mais pour ceux qui, frappés de stupeur, cherchent à comprendre, il manifeste sa bonté.

Dieu a de la bonté pour ceux qui le cherchent de tout leur coeur ; cherchons-le sans cesse.

Daniel et Jérémie

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