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Le culte raisonnable

Publié le samedi 07 décembre 2019

« Je vous exhorte donc frères par les compassions de Dieu à offrir vos corps, ce qui sera un culte raisonnable » Romains 12 :1

Paul adresse ici un appel au nom du Seigneur, à cause de ses compassions. L’appel d’amour du Seigneur attend une réponse. C’est ainsi que pourrait se définir le culte : une réponse à  l’amour de Dieu.

En général, le culte est considéré un peu comme une sorte d’œuvre à accomplir, une obéissance à certaines traditions. On entend parfois ce genre de propos : « Oui je vais aller au culte, mais j’y vais par tradition, par respect pour la tradition de mes pères ». Beaucoup de protestants ou de catholiques le vivent ainsi. Le culte pour les uns, la messe pour les autres.

Dans le meilleur des cas, nos journée débutent ou se terminent par un culte personnel qui consiste à lire un passage de la Bible, éventuellement le méditer de façon plus ou moins endormie et adresser à Dieu des requêtes pour tout le reste de la famille et pour tous ceux qu’on aime. Beaucoup d’entre nous ont appris cela étant enfants. Oui, ces choses peuvent être un culte mais elles peuvent aussi ne pas l’être. Tout comme « aller au culte » le dimanche, ce culte personnel peut très bien devenir un moyen de tranquilliser sa conscience pour mieux vivre comme nous l’entendons tout le reste de la semaine.  

Est-ce un culte raisonnable ? Est-ce cela vraiment le culte que Dieu attend ? Cette exhortation de Paul aux Romains nous annonce un autre culte qui est beaucoup plus complet, total. Il implique l’offrande de nos corps. C’est un appel presque scandaleux : « donne ton corps ! »

Aujourd’hui, s’il existe une chose dont chacun estime être le propriétaire absolu, c’est son corps. Le corps en lui-même fait déjà l’objet d’un culte ! La notion d’autorité personnelle et exclusive sur son corps imprègne tout le débat actuel sur la question du viol conjugal. La pensée biblique exclut cette notion, car le mariage et le véritable amour impliquent un don de soi.

« Que le mari rende à sa femme ce qu'il lui doit, et que la femme agisse de même envers son mari.  La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme.  Ne vous privez point l'un de l'autre, si ce n'est d'un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière; puis retournez ensemble » (1 Co 7 :3). Le lien du mariage est quelque chose de très beau lorsque l’on s’aime.

De la même manière, on enseigne aux enfants dès la maternelle que leur corps leur appartient soi-disant pour prévenir de la pédophilie. Ce n’est pourtant pas en disant une bêtise que l’on va être délivré de quelque chose de mauvais. Car voici ce qu’on observe : à force de ne s’appartenir qu’à soi-même, le mariage n’est plus vivable, on finit par se séparer et divorcer car on ne s’appartient qu’à soi et sans aucun scrupule. On n’appartient pas à l’autre, on ne se donne pas.

On imagine être libre par rapport à son corps, au point de le trouer par des piercings, le tatouer par toutes sortes d’images qui sont des signes d’appartenance à quelqu’un d’autre et à autre chose qu’au Seigneur, mais on ne voit pas où est la gravité ! On est maître de son corps, on en fait ce qu’on veut et on a le droit de l’utiliser à sa guise en dehors de toute crainte de Dieu, parce qu’on en est le propriétaire. Le corps s’expose sur les réseaux sociaux, plus ou moins vêtu, mais le plus important est de se plaire à soi-même.

Un culte se rend dans un temple, ce lieu où Dieu doit être adoré.

Nous savons que la notion d’édifice comme temple de Dieu n’a plus lieu d’être. Le Dieu créateur n’habite pas dans un temple fait de mains d’hommes et le Seigneur Jésus-Christ a détruit cette notion de temple par le sacrifice de son corps sur la croix. Il a donné son corps pour nous en sacrifice vivant pour que nous puissions nous présenter nous-mêmes à Dieu étant placés en lui par la foi. C’est d’ailleurs en relation avec ce sacrifice de sa vie et de son corps que Paul parle des compassions de Dieu. C’est dans ce sacrifice de son fils unique, le prix le plus cher qu’il puisse payer, qu’éclate l’amour incompréhensible de Dieu envers nous. Il l’a donné pour que nous ne périssions pas mais que nous soyons sauvés.

La compassion est quelque chose de bien plus grand que de jolis sentiments ou avoir de l’empathie. L’empathie ne coûte pas, elle garde la distance et disparaît dès que l’interlocuteur s’en va. La compassion implique le don de soi. Christ s’est livré pour nous, il a offert son corps en sacrifice. Cette compassion doit animer nos relations fraternelles. Aimer ses frères, c’est leur appartenir et s’être donné à eux. C’est ce qui fait aussi la notion de corps qui tend aujourd’hui à disparaître. C’est ce que nous avons voulu vivre dans notre mission : nous appartenons les uns aux autres à la vie et à la mort, de sorte que personne ne reste seul. Cette notion de corps d’église, de fraternité, de dons mutuels, d’appartenance les uns aux autres, existe de moins en moins dans le monde religieux. Pourquoi ? Parce que justement le culte n’est pas compris.

Revenons à la définition du temple.

Ceux qui ont reçu le Seigneur deviennent temple. Jésus-Christ a détruit la notion d’un temple physique extérieur pour en introduire un autre dans son corps ressuscité. Par son esprit, il habite en nous de sorte que nous devenons aussi temple, habitation de Dieu en esprit. (Ep 2 :22) On ne se convertit pas seulement, on naît de nouveau en recevant quelque chose qui ne nous a pas été donné à la naissance : l’Esprit Saint que l’on reçoit par la foi et qui fait de nous une habitation de Dieu. Un temple est consacré exclusivement au Dieu qu’on y adore.

Pourrions-nous imaginer rendre un culte à Dieu en excluant de ce culte notre corps qui lui appartient et dans lequel l’Esprit Saint habite ? C’est justement dans ce corps que nous rendons un culte à Dieu, et nous livrons nos membres, voilà le culte raisonnable. Un sacrifice volontaire pour rendre à Dieu ce qui lui appartient, car il est mort et ressuscité pour nous afin que nous le servions et que notre vie entière soit vécue comme un culte.

Une mère de famille bien accaparée par ses enfants et les multiples tâches du foyer a récemment posé cette question : « Comment servir Dieu en restant dans ma maison ? » Voici ce que dit la Parole : « Quoi que vous fassiez en paroles ou en œuvres, faites tout au nom du Seigneur » (Col 3 :17). Tout ce que je suis appelé à faire, à la place où je suis, doit être vécu dans l’esprit du culte.

On parle beaucoup aujourd’hui de la sphère privée. Elle s’est tellement réduite qu’elle se résume à l’être intérieur, la part cachée. Il est vrai que le cœur est la part essentielle de l’homme où tout se joue, mais certains s’en contentent en disant : « ce qui se passe dans mon cœur, Dieu seul le sait et Dieu sait que je l’aime ». Leur amour ne se voit nulle part, ne produit aucune œuvre et ne se voit surtout pas par l’expression de  l’amour fraternel et l’appartenance à l’autre. On se cache derrière son « cœur » comme on invoque la sphère privée que nul n’est sensé franchir. Mais le cœur ne fait pas tout. Il y a aussi le corps et le corps n’est pas caché. Ce n’est plus la sphère privée car c’est la partie que l’autre voit et qu’il peut toucher. Celle par laquelle on agit dans sa maison avec ses enfants, avec son mari, son épouse, au travail ou ailleurs.

Le corps est donc l’enveloppe visible de mon être. Je le chéris plus que tout car tout ce que je suis s’exprime par lui. Que puis-je vivre dans le monde et sur la terre hors du corps ? Si je ne suis plus dans le corps, je ne suis plus rien ! Il faut donc bien comprendre que ce par quoi nous vivons, nous existons. Ce qui fait que nous sommes vus, entendus et connus est ce corps qui est un temple. Il appartient à Dieu et doit lui être consacré pour son culte.

Les protestants ont l’habitude de dire que pour un protestant, il n’y a plus ni sacré ni profane, pour lui tout est sacré. Il est indispensable de préciser que tout n’est pas spontanément sacré. Est sacré ce qui est pour Dieu et consacré à lui et pour sa gloire! C’est à dire dans un don total et dans l’esprit du culte. Ce n’est pas une déclaration magique, mais une obéissance. Vécu ainsi, alors oui, mon corps est sacré, de sorte que je ne peux l’utiliser n’importe comment, pour n’importe quel usage. « Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Christ ? Prendrais-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d'une prostituée ? Loin de là ! » (1 Cor 6 : 14). Il est donc clair que nous nous départissons du monde en affirmant que nous ne pouvons faire ce que nous voulons de notre corps et que nous n’en sommes pas maîtres. Il est saint, non pas parce que nous serions des « petits saints », mais parce qu’il est habité par l’esprit de Dieu et nous sommes appelés à sanctifier le Seigneur dans notre corps.

« Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. » (1 Cor 6 :20) Puisque notre corps lui appartient, et dans la mesure où nous le laissons régner en maître, alors il accomplira sa volonté au travers de nous, il nous utilisera comme instruments pour sa gloire.

« Il est dit : crains l'Eternel, et détourne-toi du mal : ce sera la santé pour tes muscles, et un rafraîchissement pour tes os. » (Pro 3 : 7). L’approbation de Dieu rejaillit donc aussi sur notre corps. Il peut aussi nous instruire lorsque notre corps est touché. Paul a été souffleté dans son corps pour ne pas s’enorgueillir. Les souffrances physiques sont parfois permises pour nous ramener dans sa dépendance. Elles nous empêchent de jouir des biens comme nous le voudrions, elles sont entraves à notre plaisir parfois, mais nous disposent à écouter le Seigneur autrement. « Car la chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez. » (Ga 5 :17)

Les désirs naturels du corps charnel exaltent les passions, les satisfactions égoïstes et bien d’autres choses. « Il faut bien que le corps exulte » chantait Jacques Brel. Ce qui m’arrive dans mon corps appartenant à Dieu a un sens. Il y a là une éducation, un enseignement pour nous conduire à ce qui plaît au Seigneur et nous ramener au vrai culte. Dans ce sens, la vieillesse est très utile parce que l’appel du plaisir faiblit. Notre faiblesse nous contraint à plus de repos et de dépendance, et peut être à comprendre enfin ce qu’est le vrai culte.

Le culte agréable à Dieu ne l’est pas parce qu’il nous plaît, mais parce que nous répondons à son appel en consacrant notre corps comme il nous le demande. Faisons-le ensemble par cette prière :

Seigneur tu as donné ton Fils pour nous racheter de nos péchés, afin que nous ne mourions pas mais que nous ayons la vie. Nous recevons pour nous et dans nos cœurs cet appel au culte raisonnable et cette offrande de nous-mêmes. Cette chose que tu nous as donnée, qui périra mais que tu ressusciteras, ce corps habité par ton Esprit et par ta vie, nous voulons te le livrer par la foi. Sois-en maître, Seigneur. Nous renonçons à cette autorité, cette fausse liberté que nous croyons avoir sur nous-mêmes, pour nous tenir en ta présence, sanctifiés dans nos cœurs et dans nos corps où tu habites.

Seigneur, révèle-nous cette sainteté du temple et maintiens-la constamment dans nos consciences. Ramène-nous sans cesse à ce culte raisonnable et à cette offrande de nous-mêmes.

 Nous te remercions Seigneur de bien vouloir nous conduire ainsi pour ta gloire, afin que tu sois en nous santé pour nos muscles et renouvellement pour nos os jusqu’au bout, en attendant le jour suprême de toute guérison, de toute délivrance et de toute sainteté, ce jour où nous ressusciterons avec toi. Nous bénissons ton nom pour ce si grand salut, pour la révélation d’un si grand mystère et l’exhortation de ton amour qui nous invite à ce culte-là. Nous voulons le célébrer ainsi pour ta gloire.

Amen.

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