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La tentation du relâchement

Publié le lundi 10 février 2014

« Souvenez-vous de ces premiers jours où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand et douloureux combat (…) N’abandonnez donc pas votre assurance qui comporte une grande récompense ! Vous avez en effet besoin de persévérance, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis. Car encore un peu de temps — bien peu ! Et celui qui doit venir viendra, il ne tardera pas. Et mon juste vivra par la foi. Mais s'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. Quant à nous, nous ne sommes pas de ceux qui se retirent pour se perdre, mais de ceux qui croient pour sauver leur âme. » (Hébreux 10)

Ce texte d’Hébreux n’est pas sans rappeler (toute proportion gardée) quelques souvenirs de notre passé de Mission dont les débuts furent assez douloureux : réunis dans la souffrance, les quelques amis que nous étions vivions une solitude et un rejet que nous portions comme un opprobre. Aujourd’hui encore, il nous est difficile d’avouer être de la Mission Timothée sans être quelque peu gênés. S’engager dans la Mission n’était pas vraiment une source de richesse, ni d’honneur… Plusieurs ont dû accepter de partager ce qu’ils avaient avec les amis à plein temps, le renoncement était bien réel de part et d’autre. Certains ont évidemment plus souffert que nous, mais le souvenir de ces premiers temps nous conduit à la reconnaissance car malgré ce passé, nous subsistons encore aujourd’hui.

Si l’auteur de cette épître renvoie les Hébreux à ce souvenir, c’est avant tout pour les exhorter à ne pas s’arrêter en chemin : « Vous avez en effet besoin de persévérance, afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis ».

Durant toutes ces années nous n’avons manqué de rien, le Seigneur a pourvu à nos besoins, nos salles sont belles, beaucoup de jeunes sont encore dans nos rangs, nous n’avons pas besoin de faire d’appel d’argent et à vrai dire, nous n’avions jamais pensé être aussi nombreux. Et pourtant lorsque l’on considère les promesses de la Parole, il nous paraît évident que nous ne portons pas autant de fruits que le Seigneur voudrait. « Mon Père est glorifié en ceci : que vous portiez beaucoup de fruit » « Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Écriture. » (Jean 7 : 38)

Les rivalités, les jugements et les partis circulent toujours en forme de ramifications intestines et la question alors se pose : « où est la gloire du Seigneur ? ». L’œuvre d’amour en est souvent arrêtée. Pourtant, nous sommes souvent critiqués à cause de la marche dans la lumière que l’on a voulu la plus authentique possible et l’on ne peut s’empêcher de se dire parfois : « après tout ce temps, voilà où nous en sommes ! », « Tout cela pour vivre si peu ! ». Le temps passant, une tentation s’installe : celle de ne plus vouloir cette pression, las d’être calomniés de ne pas être aimés et d’être mis à part.

Les promesses ne nous enthousiasment plus vraiment, on ne sait plus trop dans la réalité à quoi elles font référence, il y a trop de difficultés. Jésus-Christ a détruit la puissance du diable et de ses anges et l’Eglise a le privilège de proclamer cette victoire pour renvoyer libres les opprimés car la délivrance est en Lui. Oui, les promesses sont bien plus grandes que ce que nous vivons. Mais reconnaissons que l’on s’est lassé à force d’attendre. L’accomplissement de tout ce qui est acquis par la mort et la résurrection de Jésus-Christ ne se voit que bien peu. Devenir enfin libres du monde et ses passions pour vivre selon la loi de l’esprit de vie et conduire nos enfants dans la même victoire… Nous pouvons témoigner de victoire mais en comparaison avec ce qui est promis, nous vivons plus de théorie que de vie de l’esprit.

« Si la promesse tarde, attends-la », est-il dit dans Habacuc. Attendre est un combat, une tension fatigante. Avec l’âge qui avance, le relâchement est une réelle tentation, l’aspiration à une forme de retraite spirituelle aidée par la pensée que les combats sont terminés ou qu’ils ne sont plus pour nous… Une envie s’impose avec force : « on a assez donné maintenant ça suffit ! ». Nous commençons à boiter, nos genoux sont affaiblis, on a ramassé des coups et les raisonnements, parfois l’entourage, nous disent : « arrête-toi de combattre… »

Certes, il existe bien une retraite tôt ou tard, mais pour autant, même s’il prend une autre forme, le combat demeure toujours. « S'il se retire, mon âme ne prend pas plaisir en lui. »

Je ne peux choisir de ne plus combattre pour ne plus souffrir et d’abandonner la partie en laissant faire les autres. Là n’est pas l’attitude de foi. La foi n’est pas une conviction qui consisterait à croire quelque chose qui m’intéresse, la foi repose sur la Parole et elle signifie s’attacher aux promesses. Quelle est la promesse liée à l’œuvre de la croix et de la résurrection ? Réussite, beaux enfants, excellente santé ? Croire c’est s’attacher à tout ce que le Seigneur veut pour nous : il veut que nous portions du fruit, que son père soit honoré, que l’Esprit triomphe de la chair, la vérité du mensonge.

Les échecs (ou du moins ce qu’on considère comme tels) ont transformé notre espérance en espoir triste. Dans une ambiance résignée, nous continuons, tout boiteux, à aller au culte car il le faut bien. Nous vivons dans une sorte de chrétienté moins active et moins utopique pensant que c’est là toute la sagesse de la vieillesse… Et le pire c’est que les jeunes en sont contaminés ! « Je connais beaucoup de personne âgées qui sont bien plus jeunes que des jeunes » disait un journaliste il y a quelques années. Nous avons mis au monde des jeunes qui, au niveau de la marche de la foi et de l’acceptation du combat, sont parfois plus vieux que nous ! Il est possible que notre peu d’exemple ait nourri leur scepticisme mais le scepticisme n’est rien d’autre que de l’incrédulité ! Nous avons attendu la promesse mais peut être est-elle aussi retardée à cause de notre inaction ou notre incrédulité ? Elle s’accomplira certainement est-il écrit. En perfection dans le ciel, oui certainement, mais nous devons y croire pour la saisir car il y a aussi des promesses pour la vie présente. Sa gloire doit se manifester dans l’Église. Nous ne pouvons abdiquer face à l’expression de la volonté de Dieu. Celui qui se retire, qui abdique, déshonore Dieu et lui déplaît : « mon âme ne prend pas plaisir en lui. »

D’autres textes nous rappellent la gravité d’un tel retrait :

« Maudit soit celui qui fait avec négligence l'œuvre de l'Éternel, maudit soit celui qui prive son épée de sang ! » (Jérémie 48 : 10)

« Celui qui se relâche dans son travail est frère de celui qui détruit. » (Proverbes 18 : 9)

Il est ici question d’une destruction qui n’est pas le fruit d’une méchanceté active mais plutôt de la passivité. Ne plus sortir son arme, laisser les autres batailler, refuser l’idée de souffrir sont autant de lâchetés clairement dénoncées par la Parole. Nous participons à l’œuvre de destruction en nous livrant à la mollesse !

Cette mollesse qui nous envahit est bien la tentation des églises vieillissantes. Nous avons davantage de dynamisme pour le travail séculier, ramener de l’argent, soigner les clients mais quant à l’œuvre de Dieu, c’est autre chose, les bras en tombent, trop affaiblis. Pour beaucoup, il est vrai que nous avons des tempéraments craintifs et peu combatifs, mais en prenant la Parole au sérieux, nous devons ouvrir notre cœur à l’amour divin plutôt que de nous mettre dans notre coin, tétanisés par la peur et la résignation.

Plusieurs choses expliquent cette mollesse : le manger et le boire, les plaisirs du ventre…la convoitise des richesses et les soucis de la vie.

« Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos coeurs ne s'appesantissent par les excès ou l'ivrognerie, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne fonde sur vous à l'improviste, comme un filet, car il viendra sur tous ceux qui habitent la surface de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme. » (Luc 21 : 34)

« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l'âme, craignez plutôt celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. » (Matthieu 10 : 28). Il est question ici du diable que visiblement nous ne craignons plus guère tant nous sommes pris par autre chose que la santé de notre âme. Nous devons craindre de ne plus craindre… ! Veillez et priez ! nous dit Jésus.

La vie de prière, l’intercession se réduisent à la part minimum, voire moins, puisqu’il semblerait que dans plusieurs foyers, on ne rende même plus grâce à table ! On préfère parler de ceux qui tombent que de combattre pour eux ; il faut dire que leur conduite menace notre tranquillité, nous empêche de dormir sur nos deux oreilles, manger et boire gaiement et puis après tout, nous avons nos soucis nous aussi ...

Nous constatons cet état, mais que faire ? Demander au Seigneur qu’il agisse comme il l’a fait pour son peuple endormi : « Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont transpercé. » (Zacharie 12 : 10). Que cet esprit nous soit accordé pour que nous ayons la force d’échapper et que la révélation du Seigneur nous soit donnée à nouveau. Inutile de faire plus de réunions de prière ou d’organiser un renouveau de piété, mais accepter seulement d’être encore mobilisés intérieurement, de sorte que notre âme crie à Dieu par Jésus-Christ. Être saisis en tout temps.

Il y a les moyens que le diable utilise pour nous appesantir mais il y a aussi les moyens que le Seigneur nous donne pour que cela ne nous arrive pas. C’est une question de réponse, nous ne pouvons faire comme si nous n’étions pas avertis. Il était autrefois de coutume chez les mennonites de faire peur avec l’annonce du retour du Seigneur. Mais ce n’est pas un message mennonite que d’avertir de ces réalités : la Parole est vraie éternellement et plus les temps passent, plus la tentation de s’endormir est grande car la richesse, la connaissance, augmentent et les soucis avec. Cet avertissement est donc d’autant plus vrai pour nous qui avançons en âge. Jésus revient et il s’agit de l’attendre afin d’échapper à ce qui va arriver. Nous avons eu jusqu’à aujourd’hui la force d’échapper mais si nous ne veillons pas aujourd’hui, nous n’échapperons pas. L’avertissement est là et nous l’avons entendu.

Le Seigneur ne nous permet pas d’abandonner la partie, il est hors de question de cesser de combattre à quelque âge que l’on soit et d’abdiquer devant le fait que les promesses ne sont pas réalisées. Oui, ce combat est douloureux et ça fait mal d’y croire encore, mais le diable est lié, la victoire de Jésus-Christ a été remportée, elle doit se manifester dans l’Eglise, la sphère où Il règne. « Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. » (Galates 6 : 9)

Il faut y croire ! C’est justement parce que l’on y croyait que l’on s’est fait rejeter par beaucoup d’Eglises, ne devenons pas de ceux qui se résignent à un faible espoir, ne glissons pas dans ce que nous avons quitté. Oui, l’espoir déçu fatigue le cœur, c’est pourquoi l’espérance doit être renouvelée.

Les jeunes ne veulent pas entendre, car ils pensent qu’ils ont toute la vie devant eux, mais nous qui entendons devons au moins combattre et croire pour eux. Il est vrai que bien des choses boiteuses et des blessures nous humilient parmi nous et dans nos familles, mais quoi qu’il en soit, notre réponse à ces avertissements doit être l’obéissance car en nous retirant, nous déshonorons le Seigneur. Quand Dieu dit : « mon âme ne prend pas plaisir en toi », c’est certainement la pire des choses.

Dieu nous a fait des promesses. La croyance devient foi lorsque nous entendons cette Parole car il a voulu qu’elle soit écrite pour nous puissions la méditer sans cesse et nous en nourrir. Et voici sur quoi repose notre foi :

« Écris une vision, grave-la sur les tablettes, afin qu'on la lise couramment.

Car c'est une vision dont l'échéance est fixée,

Elle aspire à son terme,

Elle ne décevra pas.

Si elle tarde, attends-la,

Car elle s'accomplira certainement,

Elle ne sera pas différée.

Voici que son âme est enflée,

Elle n'est pas droite en lui,

Mais le juste vivra par sa foi. »

Prions :

Seigneur, nous sommes tentés de ne plus combattre comme autrefois, car le monde avec ses plaisirs primaires a fait de nous des être orgueilleux qui se sont élevés contre tes promesses. Nous ne sommes plus dans cet esprit de l’homme au cœur brisé qui s’attend à Toi. Nous voulons nous laisser humilier et abaisser pour venir à toi car nous réalisons que nos genoux fléchissent, que beaucoup de choses sont boiteuses, que les chemins deviennent compliqués, tortueux et incertains. Le passé a été long et le combat douloureux, Satan nous tente sans cesse par la demi-mesure et de tant de manières. Nous l’avons écouté et nous nous laissons emporter par la mollesse de notre temps, le matérialisme et la religiosité. Mais tu nous appelles à nous relever et nous nous abandonnons à toi, Seigneur. Nous acceptons de reprendre espoir, rependre tes promesses par la foi et les saisir à nouveau. Oui, nous voulons combattre pour que ta gloire puisse se manifester. Nous craignons, Seigneur, que tu ne prennes plus plaisir à nos voies, c’est pourquoi nous voulons te plaire en croyant tes promesses. Répands, Seigneur, dans ton Eglise, un esprit de grâce et de supplication afin que la révélation du Fils dans son œuvre parfaite nous soit rendue et que nous soyons transformés par la véritable connaissance du Seigneur. Fais cela dans nos Églises, nos cœurs et nos maisons pour la gloire de ton nom.

Amen

Daniel et Jérémie

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