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La solitude des serviteurs de Dieu

Publié le mardi 06 mars 2012

Lorsqu’il s’agit de trouver un thème attractif en vue d’une pastorale, la réflexion se porte naturellement sur les difficultés du quotidien d’un pasteur. Alors le mot qui vient régulièrement sur les lèvres est celui-ci : solitude. On déplore souvent cet état de fait parmi les responsables d’Eglises assorti de cette question récurrente : comment trouver le pasteur des pasteurs ? Voilà des décennies que cette réflexion s’entend dans les facs de théologie ou autres instituts bibliques et, à notre connaissance, la question est toujours d’actualité… Depuis leurs études jusqu’à la prise de fonction de leur poste et les années d’exercice qui s’en suivent, nombreux sont les serviteurs de Dieu qui reconnaissent être (trop) seuls.
Doit-on considérer comme normal qu’un pasteur, censé recueillir les confessions de tout le monde et être le réceptacle des problèmes de toute la paroisse, soit seul pour affronter ses propres problèmes, seul pour porter ses fardeaux ? La nécessité du partage et de la communion ne concernerait-elle que les paroissiens ? Est-ce là une fatalité à accepter, qu’en est-il du plan de Dieu à cet égard ? Que faut-il faire pour qu’il n’en soit pas ainsi ?

Quelle solitude ?

Il existe plusieurs sortes de solitudes. L’absence physique d’amis ou de collaborateurs, comme peuvent éprouver les pionniers en mission sur des terres nouvelles. C’est la forme la plus visible. Mais il en existe une autre qui est intérieure, elle s’éprouve parfois même au milieu des autres, si bienveillants soient-ils. Mal-être qui nous coupe des frères, barrière invisible et parfois inexplicable qui nous empêche de jouir de la communion ou d’une collaboration bénie.
Ces situations sont tellement répandues que nous pourrions voir dans la solitude une souffrance inévitable inhérente au ministère. Certes, l’exercice d’une responsabilité isole à certains égards. Le poids des décisions, les préoccupations ne sont jamais vraiment compris au même degré par ceux qui n’ont pas cette charge. Personne ne pourra rendre des comptes à notre place, les conséquences de nos décisions nous concerneront en premier lieu. Cette prise de conscience peut engendrer un sentiment de solitude.
Mais s’il existe donc une solitude subie, certaines sont plutôt des solitudes volontaires que l’on peut défendre avec des raisons très spirituelles comme par exemple l’argument affirmant qu’elle favorise la vie de piété personnelle.
Cette solitude revendiquée cache souvent un refus de confrontation, elle peut constituer une force contre les autres, une cuirasse de protection.

Le regard de la Parole

Avant de savoir ce qu’il en est réellement, il s’agit déjà de connaître la volonté de Dieu à cet égard. Pour discerner le mal, il s’agit de reconnaître le bien selon Dieu. Un croyant sérieux qui craint Dieu s’informe de sa volonté et cherche à s’y conformer, il sait que chérir ce que Dieu réprouve est une révolte tout comme refuser ou simplement ne pas aimer ce qu’Il veut nous donner. Il n’est donc pas question d’ici d’un désir personnel ou d’une préférence de caractère mais de la volonté de Dieu.
« Il n’est pas bon que l’homme soit seul »… Dès la Genèse, l’intention de Dieu pour l’homme n’est pas la solitude mais de lui susciter un vis-à-vis, un semblable. C’est pourquoi le refus de mariage ou le refus de communion est contraire au plan de Dieu. « L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » Genèse 2 : 24 . Quant à la communion des frères, les épîtres en parlent sans cesse, c’est le fruit naturel de la communion avec Dieu. « Vous vous êtes donnés à Dieu puis à nous » disait Paul, comme pour mettre en évidence que de l’un découle l’autre. Les évangélistes rapportent ces paroles de Jésus : « lorsque deux s’accordent pour demander quelque chose, je le leur donne ». Jésus lui-même était sans cesse entouré de ses disciples et il les enverra ensuite évangéliser deux par deux ; Paul ne voyageait pas seul. On ne voit pas dans la Parole un modèle de pasteur seul maître à bord sans collaborateurs proches, et nous pourrions multiplier les exemples. Le principe semble clair : la vie découle de la communion, la solitude est du domaine de la mort. Un membre isolé dessèche, détaché du corps, il n’est plus irrigué par la vie. L’altérité a été voulue par Dieu, elle semble aller de soi. Le commandement premier suffirait à lui seul pour l’expliquer : « Tu aimeras l’Eternel ton Dieu et ton prochain comme toi-même ». Pour aimer, il faut donc un vis-à-vis autre que soi-même et qui implique un renoncement à sa solitude.
Si la volonté de Dieu est la communion, toutes les raisons qui empêchent la volonté de Dieu de s’accomplir ne peuvent provenir que du péché, péché des autres parfois, péchés de la société certainement, mais surtout mon propre péché.
On observe aujourd’hui que les jeunes souffrent de plus en plus de solitude mais ils cultivent sans cesse l’esprit de mort par les films qu’ils regardent, la musique qu’ils écoutent, ils cultivent leur isolement par leur rapport solitaire avec la machine, ils s’éloignent de la vie. N’y a-t-il pas de nombreuses raisons qui nous poussent à nous mettre en retrait ?

Un renoncement incontournable…

Comment combattre d’une même âme pour la foi de l’évangile sans communion véritable, un ami qui puisse partager la même vision, un même fardeau ? Il est si rare de trouver deux frères qui acceptent de se donner l’un à l’autre, s’épauler se porter sans qu’il soit question de rivalité, jalousie ou autre vexation. Dès qu’il s’agit de collaborer, plus rien ne paraît simple… à moins de renoncer à soi-même… Il est étonnant de constater que beaucoup se plaignent du manque de collaborateurs, de vis-à-vis digne de confiance, sans se rendre compte qu’ils sont les premiers obstacles à ce qu’une telle relation s’établisse. Ils créent eux-mêmes les conditions de leur propre solitude. Certains responsables réclament des vis-à-vis, mais une fois qu’ils les ont, ces derniers sont alors considérés comme des obstacles sur le chemin de leur épanouissement personnel… Le désir d’être entouré n’était alors qu’un désir de reconnaissance, les autres sont juste là pour étoffer la sphère de leur pouvoir. Ce genre d’attitude n’est pas loin de cette pathologie qu’on appelle « narcissisme pervers », fruit d’un culte de soi étranger au service chrétien.
On ne peut être seul et accompagné, il faut choisir. Avoir un collaborateur signifie renoncer à son indépendance, à une certaine autonomie, un prix que les serviteurs de Dieu ne veulent pas toujours payer. Il est moins compromettant d’expliquer la solitude par des questions de caractères ou par la faute des autres qui nous abandonnent que d’y voir un péché. Et pourtant. Un psychanalyste a dit récemment lors d’une pastorale : « C’est vrai que les pasteurs sont souvent seuls, mais beaucoup le veulent bien ! » « Celui qui se tient à l’écart cherche ce qui lui plait, il s’irrite contre tout ce qui est sage. » dit un proverbe. Ce refus plus ou moins reconnu cache tant de choses : un désir d’hégémonie, une crainte de perdre son autonomie ou son influence, d’une dilution des « pouvoirs », l’encombrement de la concertation etc… Ces craintes ne sont pas avouables mais elles sont souvent au fond du cœur. Certaines pourraient paraître plus légitimes mais la Bible ne dit-elle pas que l’amour parfait bannit la crainte ?
On enseigne dans les instituts bibliques et les facs de théologie les futurs pasteurs à se protéger et garder une sphère privée que personne ne doit franchir. Est-ce vraiment une orientation biblique ? Jésus s’est-il comporté ainsi avec ses disciples ?
Dans le monde religieux, on prône bien l’unité des croyants mais la communion est rarement au rendez-vous, on se contente d’une idée et la vie est peu présente. La religion permet d’éviter la confrontation, chacun son rôle, tous derrière le même rituel mais pas de réelle communion avec Dieu ni avec les frères. Serait-il nécessaire de rappeler que pour produire la vie, il faut être deux ? …

La promesse

Notons que l’obéissance à la Parole peut conduire à la solitude. Beaucoup de serviteurs de Dieu ont accepté de perdre les leurs et d’éprouver une certaine solitude pour suivre le Seigneur, « si quelqu’un ne hait pas son père sa mère etc.. il ne peut être mon disciple. » Il y a évidemment l’exemple des prophètes qui ont marché seuls à contre-courant du peuple, mais leurs exemples relèvent de ministères particuliers, ils ont subi et non choisi leur solitude.
Mais voici ce que dit Jean 12 :23 à 26 : « Si le grain ne tombe en terre et ne meure, il reste seul, mais s’il meure, il porte du fruit. » La solitude peut faire partie du plan de Dieu pour nous conduire vers une vraie communion. Il peut arriver des moments où tout semble perdu, nos amis peuvent nous quitter à cause de notre fidélité au Seigneur et à sa Parole. A l’exemple de Christ, le croyant doit accepter de mourir à lui-même pour porter du fruit. Il renonce à tout ce qui constitue sa force, son bien sa protection pour perdre sa vie par amour. Suivre Jésus-Christ, c’est perdre sa vie en aimant, l’amour consiste à se renier soi-même, ôter toute protection et se donner sans rien garder dans la foi que Dieu prendra soin de nous. Plusieurs ont été conduits au « désert », mais c’était pour que Dieu parle à leur cœur et porter ensuite du fruit, non pour rester dans une telle situation comme un but en soi. Ils y ont été conduits malgré eux et ne se sont pas retirés volontairement.
Pour justifier les retraites solitaires, on invoque souvent ces moments où Jésus se retirait sur la montagne pour prier. Mis à part une fois où il est effectivement parti seul (il a d’ailleurs dû descendre pour rejoindre les disciples paniqués dans leur barque au sein de la tempête), tous les autres exemples montrent qu’il n’a pas eu ce loisir : soit il prenait ses disciples avec lui, soit ces derniers le rejoignaient, quand ce n’était pas toute la foule… « Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne, il s’assit, et ses disciples s’approchèrentde lui. » Matthieu 5 : 1
« Jésus quitta ces lieux et longea les rives de la mer de Galilée. Il monta sur la montagne et là, il s’assit. Alors de grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des sourds-muets, des estropiés et beaucoup d’autres malades. » Matthieu 15 : 29 ; « Il monta ensuite sur la montagne ; il appela ceux qu’il voulut et ils vinrent à lui ». Marc 3 : 13 ; « Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier ». Luc 9 :28
Pour celui qui veut servir Dieu, rien n’est à revendiquer, sa vie est livrée et le Seigneur lui accordera le repos de « solitude » dont il a besoin. Il a accepté de perdre sa vie, c’est un préalable à tout ministère. Certains pasteurs ont fait leurs études de théologie avec l’intention radicalement inverse. L’un d’entre eux a avoué avoir entrepris des études de théologie après s’être rendu compte qu’il n’aurait pas de « créneau » pour briller dans le monde ; devenir pasteur lui permettait d’être au moins reconnu dans le microcosme ecclésial…Il a voulu sauver sa vie d’une autre manière, il n’avait pas compris ce qu’était un serviteur de Dieu. Celui qui accepte ce deuil quant à lui-même, sans chercher à se sauver d’une manière ou d’une autre, connaîtra alors le destin de ce grain de blé tombé en terre. Il verra la promesse s’accomplir : il ne restera pas seul, il servira entouré de ses fruits et n’aura plus le « loisir » de la solitude…

Daniel et Jérémie

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