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Juger ou ne pas juger ?

Publié le lundi 03 septembre 2012

Devant constamment faire face à la contestation du peuple, Moïse choisit des hommes pour porter avec lui la charge devenue insupportable. En effet, plus le peuple est nombreux, plus les sources de divisions se multiplient. Il est vrai que la contestation donne lieu à des situations bien difficiles faites de jugements et d’autodéfense, il est bien difficile de voir clair dans ce climat de tension. Le contestataire accuse tout le temps pour se défendre c’est l’insoumis, le rebelle que l’on pourrait appeler pour résumer, le syndicaliste. (la contestation est la raison d’être assumée d’un syndicat, sans contestation, il n’a plus carburant !)

Le contestataire prétend toujours avoir raison, même s’il est seul contre tous. « Le premier qui parle dans sa cause paraît juste ; vient sa partie adverse, et on l'examine. » Il est donc nécessaire d’écouter chacun afin de discerner, nuancer et trancher. Le contestataire n’est pas en mesure d’agir ainsi car il ne voit que son droit sans considérer celui des autres. Dans le peuple d’Israël, même l’étranger qui acceptait de suivre les lois et les fêtes juives, était aussi protégé par les principes de la loi : il pouvait avoir raison contre un Juif. Encore fallait-il des hommes sages pour en juger.

Dans le monde, chacun choisit ses amis, peut s’en séparer ou s’en éloigner dès qu’il survient un conflit. Il est même prévu de faciliter les procédures de divorce pour pouvoir se retirer de tout engagement le plus rapidement possible. Il en est autrement dans l’Église. C’est Dieu qui nous a choisis et placés auprès d’hommes de femmes vers qui nous ne serions pas allés spontanément. Nous faisons partie, les uns et les autres, de ces choses pauvres et faibles du monde que l’Éternel a choisi pour confondre les fortes. Il est évident que cet aspect méprisable au niveau humain peut conduire à certaines frustrations et difficultés de relation. Nous préférerions naturellement des gens agréables dont la relation et l’amitié nous mettraient en valeur. Voilà pourquoi l’Église se trouve être souvent un lieu de conflits : il existe tellement de différences entre les personnes, tant d’intérêts contradictoires, que les problèmes sont bien difficiles à résoudre.

Pour ne rien arranger, dès qu’il y a un enjeu spirituel, les désunions et désaccords se manifestent plus que jamais, le diable sait agir au bon moment pour diviser. Nous l’avons souvent observé dans notre vie de Mission et de travail d’équipe.

Tandis que le peuple d’Israël devait s’apprêter à conquérir sa terre, les contestations internes fleurissent. Se confiant dans une stratégie sage mais non dictée par Dieu, Moïse choisit des hommes dignes de confiance au sein du peuple. Le procédé semble raisonnable et les intentions très bonnes, mais le résultat ne sera pas vraiment à la hauteur. Toujours est-il que Moïse va leur confier la chose la plus délicate : la question du jugement. S’il est parfois dit dans la Bible de juger, il est aussi affirmé par ailleurs : « ne jugez pas » ! Ici, Moïse précise une chose fondamentale : « vous ne craindrez aucun homme, car c'est à Dieu qu'appartient le jugement » (Deutéronome 1 : 17)

La posture très courante dans notre génération est de dire : « nul n’a pas le droit de juger », ce qui n’empêche aucunement de juger tout le monde. Les enfants peuvent même en arriver à dire aux parents : « tu n’as pas le droit de juger » !

Le jugement est une question extrêmement grave. « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ! » nous dit l’évangile. Celui qui juge c’est le diable, le méchant. Faire du jugement un principe de vie revient à servir le « diabolos ».

Pourtant, Paul invite à trouver dans l’Église des hommes sages, capables de juger dans les conflits entre frères. En effet, comment des consciences étrangères pourraient juger des consciences de chrétien ? Peut-on faire appel à ceux qui n’ont pas reçu l’esprit de vérité pour juger de ce qui concerne l’Église qui se doit d’être l’appui et la colonne de la vérité ? On observe aujourd’hui que ce sont les païens qui indiquent aux croyants la marche à suivre en matière de jugement tant le manque de sagesse et de discernement est criant dans l’Église.

Il existe bel et bien une justice. Lorsqu’il y a un conflit, on ne pas peut dire que les deux parties ont tort. Même si nous ne pouvons pas nous réclamer d’une justice parfaite, nous ne pouvons en aucun cas donner autant de torts à la victime qu’au bourreau ! C’est pourtant ce que font certains écrivains tels que Jonathan Little, qui, dans son livre « Les Bienveillantes », laisse entendre que les Juifs auraient fait la même chose aux Allemands s’ils avaient été « conditionnés » dans des circonstances similaires. C’est ainsi que l’on disculpe les bourreaux sous prétexte de ne pas vouloir juger. Ce qui est paradoxal c’est que refuser de juger est un jugement ! Laisser commettre une injustice n’est pas de l’amour ! Un père pourrait-il laisser son fils lui répondre qu’il n’a pas le droit de juger ?

Le refus de prendre position lorsque cela est nécessaire n’est pas l’amour de la vérité. Par lâcheté, on se met alors du côté du bourreau. La Bible dénonce une telle attitude : « Délivre ceux qu'on traîne à la mort, ceux qu'on va tuer, agis pour qu'on les épargne ! Si tu dis : Ah ! Nous ne savions pas !... Celui qui pèse les cœurs ne le comprend-il pas ? Celui qui veille sur ta vie ne le sait-il pas et ne rendra-t-il pas à chacun selon ses œuvres ? » (Proverbes 24 : 11 et 12). Devenir complice du mal rend injuste et les injustes n’hériteront pas le royaume des cieux.

Pour résumer, l’esprit de jugement est une chose grave, c’est l’œuvre du diabolos mais par ailleurs, refuser de juger est une injustice. Comment doit donc s’exercer le jugement selon Dieu, puisqu’une chose et son contraire semblent être affirmées dans la Parole ?

Tout dépend de ce qui nous inspire. C’est pourquoi Moïse recommande à ses hommes de juger dans la dépendance de Celui à qui le jugement appartient. Jésus dit : « Je ne juge personne. Et si moi, je juge, mon jugement est conforme à la vérité, car je ne suis pas seul, mais avec moi il y a le Père qui m'a envoyé. » (Jean 8 : 16)

Un jugement selon Dieu s’exerce de la part de Dieu dans une soumission de cœur. Il agit en vue du salut, de la repentance et du rétablissement de la personne. Celui qui juge inspiré par le diable ne veut pas que l’autre change, il n’est pas disposé au pardon.

Ceux qui se sentent coupables de certains péchés les dénoncent généralement avec force chez les autres, comme pour mieux se cacher. Celui qui juge ainsi se condamne lui-même car le Créateur sait ce qu’il y a dans le cœur. Ses propres pensées le condamnent car le pire jugement est celui que l’on se porte sur soi. C’est ainsi que l’on refuse de reconnaître sa plaie en violant sa conscience par une force de volonté, de dureté contre soi, qui va également rejaillir sur les autres. Cette auto-condamnation ferme le cœur à l’amour et la justice.

C’est pourquoi Dieu seul est juge, le jugement lui appartient. Juger en dehors de lui, c’est voler ce qui lui appartient. Je ne peux détacher le jugement de la personne de Dieu, tout comme je ne peux détacher de lui ses bénédictions ou sa grâce. Ces choses sont en lui et je ne peux pas me les approprier, sans quoi je pille la maison du maître, je m’accapare ce qui ne m’appartient pas et je pervertis le droit.

DIEU EST LE SEUL JUGE

Si les hommes me condamnent ou mon propre cœur, peu importe car c’est le regard du Père qui compte, celui qui a sacrifié son Fils pour que mes péchés soient effacés et que je sois réconcilié. Tomber entre les mains des hommes est terrible, être livré à sa conscience tout autant, mais Dieu ne veut pas la mort du méchant mais qu’il se repente et qu’il vive. Il est un père miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté. Apprendre à connaître Dieu ainsi est un grand réconfort. Le jugement des hommes ferme le cœur à l’amour mais le jugement de Dieu ouvre le cœur à la grâce. C’est pourquoi les croyants ne devraient pas avoir besoin de la justice des hommes pour se faire droit. Dans les jugements humains, la grâce et le pardon n’existent pas. Les hommes décident de la sanction, la demande de pardon n’y change rien. Quel désespoir ! Ceux qui jugent dans l’Église ne peuvent être ainsi. Beaucoup de nos souffrances viennent de l’œuvre du malin et du péché. Lorsque les fautes sont reconnues devant Dieu, chacun reçoit le pardon et ressort d’un conflit restauré et consolé. Voilà la volonté de Dieu.

Devant la gravité du jugement, mieux vaut donc être victime que coupable, mieux vaut accepter de se laisser dépouiller qu’être injuste. Le Seigneur fera paraître notre droit et notre justice comme le soleil à son midi (Psaume 37 : 6). C’est lui qui nous justifie, c’est lui qui fait grâce. Nous pouvons accepter de rentrer en nous-mêmes pour nous laisser purifier de toute injustice car Jésus a lui-même accepté d’être dépouillé par des injustes, bien qu’il n’ait commis aucune faute. Il est notre exemple et c’est dans cette œuvre que nous entrons.

En acceptant ce chemin, les jugements d’inspiration charnelle et diabolique disparaitrons de nos églises car la grâce et le pardon régneront nos cœurs. Lorsque la justice fait son œuvre, il n’y a plus de condamnation, la consolation s’installe. Ceux qui sont graciés et aimés ne peuvent plus juger avec hauteur. En demeurant fermes dans la bonté de Dieu, ils marchent avec assurance sur leur chemin, le regard droit, sans culpabilité mais dans l’esprit de la grâce.

Daniel et Jérémie

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