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Être fidèle

Publié le samedi 25 juin 2011

L’héritage qui est le nôtre tant au niveau spirituel qu’au niveau matériel est d’une grande richesse. Les outils de travail se sont considérablement développés, embellis, ce qui a été construit avec peine pendant tant d’années offre aujourd’hui tant de possibilités. La connaissance de la Parole est transmise dans une fréquence de réunions soutenue et intense…

Les jeunes peuvent se dire : « Mais que pouvons-nous faire de plus ? ». Sera t-on seulement capable de conserver cet acquis, de tenir le rythme ? Préserver l’héritage est en soi tout un enjeu, qu’en est-il donc de le faire fructifier ? Il est un principe biblique qui établit clairement qu’il sera beaucoup demandé à ceux qui ont beaucoup reçu... et nous prêchons assez souvent que Dieu ne nous appelle et ne nous bénit pas pour que nous en restions à ce que nous sommes ; des comptes nous serons demandés en relation avec ce qui nous a été transmis…

A considérer les choses ainsi, la charge en devient écrasante et la tâche bien trop grande. Ce constat suscite tant de craintes, de questions et de doutes. Une seule réponse nous a été rappelée ces derniers temps : la fidélité.
La fidélité n’est pas une valeur au goût du jour. Battue en brèche par les idées de liberté et d’indépendance, elle n’attire plus, ne convainc plus, nul n’est prêt à se sacrifier pour elle. La Parole la présente pourtant comme une vertu essentielle :
« Ce qu’on demande des dispensateurs, c’est que chacun soit trouvé fidèle »
1 Corinthiens 4 :2
« Beaucoup de gens proclament leur bonté ; mais un homme fidèle, qui le trouvera ? »
Proverbes 20 : 6

« C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de choses, je te confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton maître. » Matthieu 25 : 21

Qu’est-ce que la fidélité ? Faute de s’en préoccuper, nul ne semble pouvoir l’expliquer précisément… Il en reste peut être une vague notion aux odeurs ancestrales peu à peu reléguée au rang de concept abstrait. Ce manque de définition devient problématique pour nous aussi, qui prononçons encore ces mots sans pour autant être conscients de ce qu’ils impliquent. On parle volontiers d’engagement dans l’Eglise mais savons-nous vraiment envers qui, pour quoi et comment ?

Il est étonnant de voir que l’on peut reconnaître une chose vraie un jour et ne plus la suivre ensuite. Les vérités reconnues certaines aujourd’hui seront-elles encore vraies pour nous demain ? Est-il possible de conserver une ligne ? « Toi, demeure dans les choses que tu as apprises et reconnues certaines » disait Paul à Timothée.

Suivre une ligne ne se fait pas par mimétisme ni par esprit de parti, mais après avoir reçu une conviction par la Parole et de la part de Dieu. C’est à cela que doit se soumettre la conscience, c’est cette base qui détermine nos actions et non les idées du moment adoptées par la société et, souvent à retardement, par le monde religieux. On a l’habitude d’appeler les paroissiens « les fidèles » mais là encore, le terme n’a plus grande signification. Les protestants semblent avoir oublié qu’ils étaient le peuple de la Parole. On en vient aujourd’hui à dire, pour répondre aux besoins de visibilité dans un monde sécularisé que le symbole communique mieux que la Parole… Que reste-t-il de l’identité du peuple de Dieu ? Qui sont les « fidèles » ? A quoi le sont-ils ?

En voulant se conformer aux idées du temps, le peuple chrétien perd de sa saveur et ne remplit plus sa vocation. Il s’étonne d’être l’objet de railleries mais n’est-il pas dit « si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on ? Il ne sert plus qu’à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes. » Matthieu 5 : 13.

Ne pourrait-on pas voir dans certaines persécutions la conséquence de ce refus d’être « sel » comme la Parole le dit ? C’est-à-dire, non pas s’amalgamer et vouloir influencer, mais accepter d’être fidèle et mis à part par la Parole. Il n’est pas demandé de « saler » mais d’accepter d’être sel, autrement dit d’être ce que Dieu veut que nous soyons tout simplement. Cette volonté « d’être présents au monde » jusque dans les sphères du pouvoir, a exposé inutilement les protestants aux massacres que l’on connaît. C’est en placardant leurs proclamations contre la messe jusque sur la porte de la chambre de François 1er qu’ils se sont attiré l’hostilité du pouvoir pourtant relativement bien disposé à leur égard. C’est ce que l’Eglise continue à faire aujourd’hui, étant davantage fidèle à ses idées qu’à la Parole, sous prétexte d’influencer le monde. Le résultat produit est l’inverse : le monde envahit peu à peu l’Eglise.

La fidélité à la parole et à la conscience demeure toujours la fidélité première. La fidélité seconde est aux frères, aux hommes envers qui nous nous devons. Mais on ne peut être infidèle à la Parole sous prétexte d’être fidèle aux hommes. On ne vend pas son « droit d’aînesse pour un plat de lentilles ». La fin ne justifie pas les moyens. « Pour toi, tu as suivi de près mon enseignement, ma conduite, mes résolutions, ma foi, ma douceur, ma charité, ma constance, mes persécutions, mes souffrances. »

Nous avons là le serviteur à l’image de Christ, notre modèle. Suivre de près et accepter d’être suivi de près, ce n’est pas être sous un magistère, mais c’est l’expression concrète de la fidélité.

« Tu as suivi de près mon enseignement »

L’interprétation de la Parole est une entreprise périlleuse, qui exige une soumission de cœur et d’esprit dans une humble fidélité. Rester le plus près du texte, apprendre à discerner le langage de Dieu qui peut bousculer les idées toutes faites, tout en étant ancré dans l’enseignement reçu.

Cette orientation n’a rien de commun avec le pluralisme religieux qui prône le recul sur toute vérité qui doit être au préalable soumise à l’analyse critique, en réalité sa propre analyse souvent tributaire des humeurs du moment. Timothée a suivi de près l’enseignement de Paul, il est invité à y demeurer sachant de qui il l’a reçu. « Toi, demeure dans les choses que tu as apprises et reconnues certaines, sachant de qui tu les as apprises » (2 Timothée 3 :14)

La distance que l’on peut être appelé à prendre par rapport à un enseignement ne sera que par fidélité à la Parole, et non par désir d’indépendance de manière désinvolte et révoltée. Si nos yeux s’ouvrent sur une erreur, alors la fidélité nous contraint à en faire part, mais on ne peut conserver une distance sans raison biblique. Il est inconcevable que l’on puisse à la fois reconnaître le bien-fondé d’un enseignement, et prendre ses distances par goût de liberté ou d’indépendance. Cette attitude est l’in- verse de la fidélité. Celui qui agit ainsi ne sera pas en mesure de transmettre lui-même un enseignement. « Ce que tu as entendu de moi, confie-le à des hommes fidèles ».

« Tu as suivi de près (…) ma conduite, mes résolutions »

Celui qui enseigne doit être « suivable ». La conduite doit être en harmonie avec l’enseignement. La vie de Timothée a dû souvent être compromise par les prises de po- sitions de Paul. Pour en accepter les conséquences, il devait certainement reconnaître le bien-fondé des décisions et la cohérence entre l’enseignement et la conduite.

Nous consentons parfois à reconnaître une orientation, faute de voir d’autres solutions. Mais nous ne sommes pas toujours prêts à payer le prix de la fidélité à cette orientation. Pour peu que le fruit tarde à venir, nous quittons facilement le terrain de la fidélité . C’est ainsi que beaucoup retombent dans leurs ornières. Il est plus facile de se porter vers d’autres voies, l’attrait de la nouveauté changeant notre regard, nous oublions nos paroles pourtant prononcées devant Dieu. Ce qui s’était imposé comme une évidence à notre esprit devient soudain relatif … et le cœur se dit en lui-même : « Mais ne pourrait-on pas aussi faire autrement ? ». Il y a tellement de jouissance à faire selon ses envies… C’est ainsi que beaucoup ne connaissent de la fidélité que la fidélité à eux-mêmes… Nous cherchons à être « accompagnés » mais Dieu accompagne celui qui le suit avec fidélité.

Il est bien clair que l’obéissance n’est pas envers un principe, mais à la Parole de Dieu. Le principe n’est pas le bien car le bien est en Dieu. En matière de conduite, je reste donc à l’écoute du Seigneur et non figé dans une tradition. Mais aussi longtemps que la Parole ne m’indique pas une conduite claire, je reste sur ce que j’ai reçu. Je ne changerai de direction que lorsque je serai en mesure de l’expliquer aux autres, en leur soumettant les paroles reçues de la part de Dieu et non suite à une envie soudaine de changement. Un enfant ne peut supporter de voir son père changer d’avis sans explications, ce côté fluctuant est des plus déstabilisants et donne un sentiment d’insécurité incroyable. Un homme de Dieu ne peut se laisser aller à une telle errance de caractère, il en perdrait toute crédibilité. L’autorité d’un chef réside dans sa fidélité, il fait ce qu’il a décidé avec les frères, de sorte que ses réactions en deviennent prévisibles car chacun connaît à l’usage sa manière d’agir.

La fidélité est certes contraignante et fatigante, par contre ne pas s’y astreindre impose une terrible astreinte aux autres ! On n’agit pas seul, car on appartient à un corps. Ce sont les autres qui paient le prix de ma liberté lorsque j’agis sans fidélité. Ils m’attendent, se préoccupent, ils s’efforcent de comprendre ce que je fais sans toujours y parvenir, luttent contre l’énervement… S’ils ont du mal à me suivre je n’ai pas à chercher bien loin l’explication … La meilleure manière d’aimer c’est d’être fidèle.

Une évidence a disparu dans notre société : on se doit aux nôtres, un fils se doit à son père une fille à sa mère, le père se doit à sa femme et à ses enfants, la femme à son mari et à ses enfants... N’est-il pas dit que Dieu « aura compassion de nous comme un homme a compassion de son fils qui le sert ? ». La comparaison utilisée ici nous montre bien que la place d’un fils est auprès de son père, et que le père se doit aussi de rendre des comptes à ses fils, car ce qui fait de lui un père c’est bien qu’il ait des fils…

Ainsi chacun doit apprendre à rendre des comptes à qui de droit car dans une fonction, nous détenons tous notre légitimité de quelqu’un d’autre. On ne peut exercer une autorité qu’en étant soumis à une autorité supérieure et attaché à elle par des liens de fidélité. Encore une fois, « suivre de près » implique tout autre chose qu’un simple rapport d’activité : c’est un partage de cœur, une recherche de communion dans un combat commun.

« Tu a suivi de près (...) ma foi, ma douceur, ma charité »

Il existe des milieux religieux dont les écoles de formation éduquent les pasteurs à devenir des « leaders ». Par des méthodes provenant davantage du marketing que de l’évangile, ces derniers apprennent à imposer leur pensée par une forte personnalité, à diriger un débat, à faire preuve de force de persuasion par toutes sortes de techniques. Pourtant les propos de Paul nous invitent à une autre attitude, bien loin de cette superbe qu’affichent ces « matadors de l’évangile ». Persécution, souffrance, dénuement, humiliation, Jésus le modèle parfait du serviteur a supporté bien autre chose. Ces hommes prônent donc l’inverse du modèle biblique, ils égarent les âmes, s’érigent en maîtres partout où ils sont et utilisent leur talent qu’ils appellent« charisme », pour fermer la bouche aux autres. Ce n’est pas l’éducation des serviteurs de Dieu formés à l’humilité, la douceur, l’obéissance. « Nous rejetons les choses honteuses qui se font en secret, nous n’avons point une conduite astucieuse, et nous n’altérons point la parole de Dieu » (2 Corinthiens 4 :2)

La Parole nous invite à devenir des enfants pour saisir le royaume, et non à se hisser vers on ne sait quel statut pour exercer un « Ministère ». Il a caché la révélation « aux sages et aux intelligents mais il l’accorde aux enfants ». Que signifie ici être un enfant ? Certainement pas être pur et innocent, mais un enfant n’a pas encore d’acquis, il va spontanément vers celui qui l’aime. L’adulte réfléchit, veut se former pour être capable, il filtre, il raisonne, mais il ne croit plus facilement à l’amour. Alors que les leaders se construisent une forte personnalité et une carapace pour se protéger au point de perdre toute sensibilité, le vrai serviteur choisi d’abandonner toute « comédie » pour se laisser aimer par le Seigneur et pour aimer de son amour. Cet abandon crée la véritable noblesse de caractère, elle vaut plus que toute instruction. Il n’y a rien de cette noblesse chez ceux qui haranguent les foules sur un ton autoritaire, ou ceux qui se trémoussent sur des mélodies sensuelles.

Notons pour conclure que la fidélité n’est pas l’esprit « mouton » motivé par la crainte ou un esprit de parti. Le désir n’est pas de l’homme, ni pour l’homme. La fidélité n’est pas pour autant passive et sans réflexion, elle est devant la Parole et en toute conscience devant Dieu. La fidélité semble a priori contrarier l’idée de liberté, or la vraie liberté est une fidélité supérieure : c’est la fidélité de Christ. Un fils peut se dire : « Comment existerai-je si je ne me distingue pas du père ? ». Jésus le Fils ne s’est pas distingué du Père. On ne se détache de son père charnel qu’au nom de Jésus et non par révolte. Les liens de la chair et du sang sont bien rompus, mais le devoir demeure : c’est ici la vraie liberté. Il en est de même entre les générations successives au sein de l’Eglise : la motivation est spirituelle et non humaine.

Celui qui vit devant Dieu ne sera pas un mouton de panurge. Si j’entends une parole vraie, celle du Berger, alors je réponds par des paroles vraies à celui qui m’a envoyé, c’est-à-dire celui qui a envoyé la parole. « N’ai-je pas déjà pour toi mis par écrit des conseils et des réflexions, pour t’enseigner des choses sûres, des paroles vraies, afin que tu répondes par des paroles vraies à celui qui t’envoie ? » (Proverbes 22 : 20)

C’est la vraie communion avec Dieu, qui n’est pas en relation avec des principes, des capacités ou autres critères humains, mais la dépendance du Seigneur. A ces paroles je demeure attaché avec les frères qui les ont aussi entendues et reçues.

Prions pour que dans notre Mission soient formés des messagers fidèles, porteurs de paroles vraies qui libèrent les âmes esclaves du mensonge diabolique. Gardons la fidélité et la loyauté, ne perdons pas les anciens sentiers, qui sont le chemin de la bénédiction et nous garantissent l’accomplissement des promesses.

« Placez-vous sur les chemins, regardez, et demandez quels sont les anciens sentiers, quelle est la bonne voie ; marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes ! » Jérémie 6 :16

Fraternellement,
Daniel et Jérémie

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